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L’intelligence des tarés…

ça y est, on y est. L’automne vient de frapper à nos portes. Ses senteurs n’ont même pas eu le temps de se faire apprécier que des inondations ont, déjà, déroulé le manteau gris. C’est bien là l’avatar de cette saison. Fini l’été et ses journées à rallonge, notre moral va suivre la même pente. Cycle naturel, serions-nous tentés de dire… Hélas, non, car après Bab el Oued de novembre 2001, et Tébessa ou Constantine, il n’y a rien de naturel à cela. Une eau déchaînée, ça se canalise, et, avant de se lamenter, en regardant vers le ciel chargé de mystères, soyons terre à terre, entre gadoue et pluies bienfaitrices. En effet, il en est qui, à chaque fois que le maître des horloges catastrophiques sévit, disent «Allah ghaleb». On ne peut rien leur répondre, vu que l’autorité divine ne se discute pas, ne se limite pas à une débandade des eaux de pluie. Par contre, la main humaine de la cata est dans des canalisations hors norme, chez nous. Elle défie et prend un malin plaisir à se jouer des lois environnementales, des commissions et des séminaires guindés, tenus sur le sujet. L’irresponsabilité citoyenne est même devenue la façade hideuse de la cité et de sa périphérie. Et on ne compte plus les constructions illicites, les détournements de cours d’oued, et autres «arrangements» avec la robinetterie naturelle ou publique. Droits et devoirs ne figurent plus dans le lexique. Et par temps de pluies diluviennes, la rivière n’atteindra jamais la mer si les berges ne l’y contraignent… Cette irresponsabilité, une espèce pas vraiment comme les autres qui, en s’emparant progressivement des terres, se donne tous les pouvoirs, tous les droits. Le droit de prélever, le droit de transformer, le droit de construire, le droit de détruire, le droit de polluer, le droit de s’approprier, sont la panoplie de cette espèce crasse. L’absoudre de toute responsabilité par un Allah ghaleb serait une offense à Dame Nature. Aussi, arrêtons la fuite en avant. Arrêtons les propos évasifs et souvent craintifs, en cessant le mutisme envers ceux qui détruisent, tout simplement, la vie. La nature est une artiste, ses œuvres sont uniques. Elle se rebelle, parfois, et explique l’évidence avec des arguments tonitruants. Tempêtes, inondations, sécheresses, canicules font partie du lot. Mais des tarés ignorent l’évidence. Ils détruisent des arbres pour étendre leurs cultures, ils construisent leurs habitats sur des terres fertiles, et n’ont aucune idée de la pollution de l’atmosphère, des sols et des rivières. Ce qui leur importe, c’est de produire en permanence. L’insolence de la petitesse de leur «intelligence» n’a cure des inondations et autres déluges à craindre cet automne, suivi de l’hiver à météo tatillonne. Pour ça, les pouvoirs publics n’auront qu’à trouver les solutions d’urgence. «Ils sont bien payés pour ça, non ?», sera la réflexion de ces tarés à la persistance orale, dès que ça va mal dans les administrations locales. Certes, un wali, un maire ou un quelconque sous-fifre administratif ont un devoir envers des éclopés d’inondations ou autres. Ce devoir s’inscrit en amont par la prévention. Il n’est pas dans la fuite en avant, quand la catastrophe est là ! Et aussi sûr que la pomme ne tombe jamais loin du pommier, les causes essentielles liées aux inondations ne sont pas à chercher dans un ciel pluvieux. Le «Allah ghaleb» ne saurait expliquer les dysfonctionnements, les aberrations et les souffrances. Ce ne sont que les anecdotes d’une condition humaine, qui a fabriqué les conditions de sa propre destruction. Les tarés à l’origine des inondations se fichent royalement des petits tracas d’autrui, des victimes. Ils se déculpabilisent, en produisant des fruits et légumes, irrigués par une rivière détournée de son cours initial. Ils irriguent, ainsi, leur intelligence de tarés !…

M. N.

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