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L’oléiculture à Tizi Ouzou: Le wali s’engage à encourager les agriculteurs

La clôture de la deuxième édition de la fête de l’olive de la commune d’Ifigha qui a eu lieu samedi dernier a été marquée par la présence d’une délégation de l’exécutif de wilaya, à sa tête le wali, Mohamed Bouderbali.

Ce dernier s’est engagé à encourager les agriculteurs qui activent dans le secteur de l’oléiculture dans l’objectif de moderniser cette filière porteuse de richesses pour la région. Ainsi, il a appelé les agriculteurs à s’organiser pour mettre en valeur ce produit du terroir et héritage ancestral. Au deuxième et dernier jour de cette deuxième édition de la Fête de l’olive qui a débuté vendredi dernier, le wali s’est rendu au niveau de la commune d’Ifigha pour prendre part à cette manifestation dédiée à l’arbre symbole, l’olivier. «Je tiens à assister à ce genre d’évènements qui mettent en valeur les produits du terroir de la wilaya. Cette fête constitue une richesse importante pour la région et nous sommes prédisposés à encourager tous ceux qui activent dans le secteur de l’oléiculture et à moderniser la filière, et surtout à nous organiser pour le développement de cette filière», a indiqué le wali en marge de cette manifestation. De son côté, la directrice locale de la culture, Nabila Goumerziane, a tenu à féliciter ces agriculteurs qui ont pu sauvegarder cette richesse ancestrale.
«Nous sommes très satisfaits du fait que ces jeunes aient pu créer de petites industries dans la filière oléicole». De son côté, le président de l’association organisatrice Ikhoulef, Kamel Kabeche, a qualifié cette édition de «réussite» puisqu’elle a drainé une grande foule de visiteurs qui se sont rendus au niveau des stands des exposants ayant pris part à cette fête. Organisée par l’association culturelle, Ikhoulef (Ixulef) en collaboration avec le comité de village et l’Assemblée populaire communale (APC), cette deuxième édition était une occasion pour les agriculteurs de rencontrer les administrateurs qui les ont encouragés à aller vers l’investissement agricole.
Selon la responsable au niveau de la subdivision agricole de Bouzeguène, Babou Saliha, cette manifestation était un rendez-vous incontournable pour leurs services, et d’expliquer aux agriculteurs l’intérêt de l’investissement agricole et les procédures qu’ils devront entreprendre pour leur affiliation au niveau des la sécurité sociale. «Nous avons expliqué aux agriculteurs d’assurer leurs oliveraies et de travailler leurs terres agricoles pour éviter d’éventuels incendies», a-t-elle dit. D’ailleurs, nous avons invité les représentants de la Caisse régionale de mutualité agricole (CRMA) et de la Banque de Développement rural (Badr) qui ont informé les agriculteurs sur les facilitations accordées par leurs institutions à leur profit. D’après la même responsable au niveau de la subdivision agricole de Bouzeguène, le rendement oléicole cette année a diminué dans la commune d’Ifigha suite au manque de pluviosité qu’a enregistré la wilaya durant l’année écoulée. Babou a rassuré, par ailleurs, que le programme d’indemnisation mis en place par les autorités publiques en faveur des agriculteurs victimes des incendies enregistrés durant la saison estivale de l’année dernière qu’il est toujours en cours. «En plus des indemnisations des oliveraies parties en fumée, nous avons un programme de plantations fruitières, des ruches d’abeilles».
On rappellera que c’est la deuxième fête dédiée au même arbre qui est organisée à Ifigha en moins de deux mois puisque, en effet, les 2 et 3 février dernier, le village Tabourt, dans la même commune, avait abrité la 5e édition de la fête locale de l’olive sous le thème «L’olive à travers le temps», (Azemmur ger yideli d-wassa). Si durant les précédentes éditions l’Assemblée locale (APC) était partie prenante de l’organisation de cet événement, ce n’était pas le cas pour cette année.
C’est pourquoi, murmure-t-on, cette autre fête a été décidée. Cependant, et malgré ces divergences et différends, ces deux manifestations visent toutes les deux à redynamiser la filière oléicole et surtout à attirer l’attention des responsables afin d’encourager l’investissement dans ce secteur, de revaloriser ce produit du terroir et de trouver des solutions idoines pour assurer son développement.

Fête de l’olive de Maâtkas jeudi

Ce produit agricole qui constitue le gagne-pain de nombreuses familles en Kabylie sera honoré, ce jeudi 21 mars et jusqu’au 24, au village Aït Zaïm relevant de la commune de Maâtkas qui abritera sa huitième édition de la fête de l’olive. Outre les expositions d’huile d’olive et d’oléastre, de différentes variétés d’olives, de grignon, de margine, de bois d’olivier, de plantes médicinales, de matériaux agricoles et particulièrement oléicole ainsi que des plats traditionnels et gastronomiques au niveau de la placette principale du village, il est aussi prévu des ateliers de démonstration qui porteront principalement sur la récolte, la trituration, le compostage, la fabrication du savon traditionnel, la multiplication et la taille de l’olivier, etc. Le côté pédagogique bénéficiera aussi d’un intérêt particulier. Des conférences sont également au menu de cette grande manifestation agricole et économique à la fois. Aussi et pour honorer l’hospitalité légendaire des habitants de cette région, il est prévu un grand couscous qui sera sans doute agrémenté d’huile d’olive locale récoltée cette année. Plus que ça, cette foire se veut aussi comme une occasion de faire un diagnostic de la filière oléicole qui connaît un véritable recul ces quelques dernières années, bien que l’oliveraie représente environ 35% de la surface agricole utile de la wilaya de Tizi Ouzou. Il s’agit aussi de la saisir comme une nouvelle opportunité afin de demander aux pouvoirs publics de se pencher sérieusement sur cette filière, avec la mise en place de certains mécanismes à même de la booster, entre autres en soutenant les opérations de greffage d’oléastre qui présente l’avantage d’être résistant aux différents parasites de l’olivier et productif au bout de 3 ans seulement, ainsi que les opérations de taille de régénération des vieux oliviers qui doit se faire chaque année, en plus de la confection de cuvettes et d’apports en fertilisants.
Il s’agit aussi de soutenir les opérateurs qui investissent dans les unités de transformation des résidus de l’olive, qui sont les grignons et la margine. Les grignons, à titre illustratif, peuvent servir à l’alimentation du bétail et peuvent également être utilisés dans la fabrication de panneaux sandwichs pour l’isolation dans le bâtiment, alors que la margine peut être utilisée en cosmétique ou encore introduire dans la nomenclature du soutien les filets de récoltes d’olives et les caissettes pour entreposer les olives cueillies.

L’oléiculture, une filière à vau-l’eau

Malgré le bon rendement enregistré cette année en matière de production d’huile d’olive qui a atteint les 13 millions de litres, il reste que le secteur oléicole peine toujours à connaître son essor. La filière périclite d’année en année. En effet, chaque année, des centaines, pour ne pas dire des milliers d’hectares d’oliveraies, partent en fumée à cause des incendies ou encore à cause d’autres facteurs, qu’ils soient humains ou naturels, comme les aléas climatiques ou les maladies.
Rien que durant l’été dernier, les incendies ont rayé de la carte pas moins de 30 000 oliviers rien que dans la localité d’Ait Yahia Moussa. Une énorme perte pour la population de cette région rurale, dont la majorité vit grâce aux récoltes d’huile d’olive et de l’élevage. Il faut dire que l’été dernier a été un véritable cataclysme pour la wilaya de Tizi Ouzou, avec pas moins de 51 communes touchées par les feux de forêt sur les 67 que compte la wilaya.
D’énormes pertes pour les agriculteurs et les éleveurs de la wilaya de Tizi Ouzou ont été déplorées puisque selon la direction des services agricoles, ces incendies qui ont touché 51 communes ont causé la perte de 113 000 oliviers. Plus encore, la replantation des espaces perdus n’est pas systématique. Résultat : c’est l’oléiculture qui en pâtit tant sur le plan qualitatif que productif.
Ajoutez à cela que tout le savoir-faire local en la matière, comme la taille, l’élagage (dont le métier d’élagueur), la coupe, la taille de fructification etc, est presque perdu. Aussi, faut-il signaler que si l’huile d’olive de Tizi Ouzou présente la spécificité d’être une huile saine biologiquement car les oliviers ne subissent pas de traitement en pesticides et autres produits chimiques, elle présente cependant un taux élevé d’acidité en raison du non respect de la période de la cueillette et des mauvaises conditions de conservation des olives avant trituration.

Z. C. Hamri et B. B.

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