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Londres désormais hors Europe: Une page historique tournée

Londres est, depuis hier, hors Europe. L’Europe et le Royaume-Uni ont tourné une page historique de leurs relations hier, en entérinant un accord pour le Brexit.

Voir le Royaume-Uni quitter l’UE n’est pas un moment de célébration, c’est un moment triste et c’est une tragédie, a déclaré le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, cité par l’AFP. «Il est tragique de voir le Royaume-Uni quitter l’Europe après 45 ans», a renchéri la chancelière allemande Angela Merkel tandis que le président français Emmanuel Macron a qualifié le moment de «grave». La dirigeante allemande s’est toutefois félicitée que les négociateurs soient parvenus à un accord, qui relève selon elle «de l’œuvre d’art diplomatique», après 17 mois de négociations difficiles et plus de deux ans après le référendum qui a voté le Brexit. L’accord n’est pas encore ratifié par le Parlement du Royaume-Uni. C’est en tout cas le meilleur que pouvait obtenir Londres, ont fait valoir les 27, restés unis autour de leur négociateur en chef Michel Barnier pendant toute la durée des discussions face à des Britanniques qui étaient, eux, divisés sur les objectifs à atteindre. «Ceux qui pensent qu’en rejetant cet accord, ils en obtiendront un meilleur seront déçus dans les secondes qui suivent», a déclaré M. Juncker devant la presse, affirmant que «c’est le seul accord possible, et j’invite tous ceux qui devront ratifier cet accord à la chambre des Communes à tenir compte de cette réalité». Evoquant l’avenir, l’UE va tenter de nouer la relation la plus proche possible avec Londres après le Brexit qui sera effectif le 29 mars 2019, est-il écrit dans la courte déclaration politique, citée par l’AFP et également approuvée hier par le Conseil européen et Theresa May. «Une chose est certaine, nous resterons amis jusqu’à la fin des temps», a dit le président du Conseil européen Donald Tusk. «Il s’agit d’un accord pour un avenir meilleur, qui nous permet de saisir les opportunités qui nous attendent», a plaidé Mme May, dans une lettre à la nation adressée hier. La pêche, sujet cher à la France et à l’Espagne entre autres, n’a pas été résolu dans le traité de retrait, qui prévoit qu’il faudra conclure un accord au plus tard d’ici à la mi-2020. Mais, dans une déclaration annexée aux conclusions du sommet de dimanche, les 27 insistent sur le caractère «prioritaire» du dossier. Ils demandent qu’un accord soit «négocié bien avant la fin de la période de transition» post-Brexit prévue jusqu’à fin 2020 mais qui pourra être prolongée. L’unité affichée côté européen s’était fissurée ces derniers jours, quand l’Espagne a fait planer la menace d’une annulation du sommet si elle n’obtenait pas des garanties écrites sur le sort de Gibraltar, avant que Pedro Sanchez estime samedi après-midi avoir obtenu satisfaction. L’accord conclu sur le Brexit est dans «l’intérêt national du Royaume-Uni et le seul possible», a martelé dimanche la Première ministre britannique, Theresa May, après l’approbation de ce texte par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE. «Cet accord est le résultat de négociations difficiles. Si les gens pensent qu’on peut encore négocier, ce n’est pas le cas. L’accord qui est sur la table est le meilleur et le seul possible», a insisté Mme May, avant d’affirmer qu’elle ferait son maximum pour que le parlement britannique l’approuve. «Les citoyens ont voté pour le Brexit et les responsables politiques doivent maintenant le concrétiser», a poursuivi la cheffe de gouvernement. Grâce à cet accord, le Royaume-Uni reprendra le contrôle de ses frontières, de son argent, de sa justice ou encore de son agriculture, a-t-elle affirmé, tout en soulignant que ce deal protégerait aussi l’emploi de ses concitoyens. «Avant Noël, les parlementaires se prononceront, ils devront choisir entre un avenir meilleur ou une nouvelle période d’incertitudes grandissantes», a encore mis en garde Mme May.

Mounir Abi

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