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Lyamine BoughErara explique sa démission du CABBA: «J’ai évité le pire pour moi et ma famille»

A 72 heures du choc ASAM-CABBA, décisif pour l’accession en Ligue 1, Lyamine Boughrara a décidé contre toute attente de se retirer de la barre technique des Criquets en raison des menaces qu’il a reçues de la part des supporters de sa ville natale.

Vous avez décidé de vous retirer de la barre technique du CABBA quelques jours seulement avant le choc contre votre ancienne équipe, l’AS Ain M’lila, décisif pour la montée en Ligue 1. Qu’est-ce qui s’est passé au juste ?
En décidant de démissionner de mon poste d’entraîneur du CABBA, j’ai voulu épargner le pire à moi et à ma famille. Je vis dans un patelin à Ain M’lila où la loi tribale y règne toujours. Ici il est inconcevable d’affronter les siens, même si ce n’est qu’un match de football. Je ne vous cache pas que j’ai eu à subir de très fortes pressions de la part de gens qui n’admettent pas l’idée qu’un enfant de la région peut être dans le camp de l’équipe rivale dans un match pareil.

Apparemment on vous a assimilé à un traître…
Plus qu’un traître même. Je ne veux pas rentrer dans les détails pour ne pas envenimer le climat à l’approche de ce match capital. J’ai voulu anticiper mon départ pour éviter le pire en me retirant de la barre technique du CABBA. Je ne pouvais faire autrement.

Ne croyez-vous pas que ce n’est pas professionnel de votre part de laisser tomber votre club dans ce moment crucial de la saison ?
Oui, j’avoue que ce n’est pas du tout professionnel de ma part. Mais il faut être quand même à ma place pour comprendre les raisons de mon retrait du CABBA. Je vis une situation terrible que je ne souhaiterai à personne. J’avais le choix entre poursuivre ma mission au CABBA et endurer un calvaire insoutenable ou avoir la paix. J’ai choisi la paix. Je n’aurais jamais laissé tomber mon équipe à deux journées de la fin du championnat. Que les gens de Bordj me pardonnent.

Justement comment votre départ subit du CABBA a été vu à Bordj Bu Arreridj ?
Avec beaucoup de compréhension. Les dirigeants du club ont respecté ma décision parce qu’ils savent très bien que ce n’est pas évident de se retrouver dans une pareille situation en Algérie. Même les supporters du CABBA se sont montrés également compréhensifs. Je me suis retiré du club avec beaucoup de peine et de tristesse, moi qui voulais partager avec mes joueurs et tous ces gens magnifiques de Bordj, la joie de l’accession parmi l’élite.

On a été ingrats avec vous à Ain M’lila, vous qui avez été pendant de nombreuses années, le porte drapeau de la région. Le ressentez-vous ?
Absolument ! C’est de l’ingratitude caractérisée. J’ai toujours donné le meilleur de moi-même à l’ASAM. Quand je jouais en équipe nationale, j’étais la fierté de toute la région. Je ne mérite pas donc un tel traitement. En plus ce n’est qu’un match de football qui est censé être une grande fête de football entre deux équipes qui ont chacune de grandes chances d’accéder en Ligue 1. C’est bien dommage d’en arriver là. Ça ternit encore plus l’image du football algérien ces dernières années.

Pensez-vous vivre un jour une telle situation ?
Jamais je n’ai pensé endurer un pareil calvaire. Je suis complètement dégoûté. Encore une fois, je ne mérite pas du tout un tel traitement de la part des miens.

Que comptez-vous faire à présent ? Allez-vous poursuivre votre carrière d’entraîneur ?
Pour le moment je préfère me reposer avec ma famille et m’épargner le tumulte autour de ce match. Cela dit, je continuerai ce métier que j’ai choisi par amour et qui me passionne.  Je continuerai aussi à me recycler comme je le fais chaque année a travers des stages en Europe. Quant à ma future destination, dieu seul sait où je finirai par atterrir la saison prochaine.

Est-ce que vous seriez à l’écoute de ce fameux match ASAM-CABBA qui aura lieu ce vendredi à huis clos au stade Demene Debbih ?
Je préfère répondre par ceci : en tant qu’enfant d’Ain Mlila, je souhaite de tout cœur que l’ASAM rejoigne l’élite après seize ans d’absence. Ça serait que juste récompense pour ce club qui a réalisé un parcours exemplaire en Ligue 2.  Je souhaite également la même réussite pour le CABBA qui mérite également d’accéder en Ligue 1 vu les sacrifices consentis par tout le monde à Bordj Bou Arreridj. Bonne chance donc aux deux clubs.

M. O.

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