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Mal préparée pour la présidentielle et ses scénarios abandonnés: L’opposition piégée !

Si l’élection présidentielle est maintenue, comme le préconisent indirectement les partis du pouvoir, à son délai constitutionnel, que fera l’opposition dont des partis avaient misé sur d’autres scénarios ?

L’opposition est à la croisée des chemins. Après plusieurs semaines de spéculations et de polémiques les plus folles sur la présidentielle 2019, la scène politique fait un tournant décisif. Un nouveau discours est désormais véhiculé par les partis du pouvoir, lesquels semblent être en précampagne pour élire leur candidat commun à l’élection qui se déroulera dans ses délais. L’annonce de Mouad Bouchareb, coordinateur de l’Instance dirigeante du FLN que le président de la République allait convoquer le corps électoral, le recul de Amar Ghoul, président de TAJ, sur son initiative de conférence, concordent avec les propos d’Ahmed Ouyahia, patron du RND, sur l’attente d’une réponse de la part de Bouteflika à l’appel qui lui a été lancé.
Au moment où ces partis de l’Alliance présidentielle donc – à l’exception du MPA d’Amara Benyounès – accordent leur violons, ceux de l’opposition ne trouvent pas de sortie à ce qui ressemble à un piège. Si l’élection présidentielle est maintenue, comme le préconisent indirectement les partis du pouvoir, à son délai constitutionnel, que fera l’opposition dont des partis avaient misé sur d’autres scénarios ?
Il faut dire qu’il n’y a pas tellement de choix. Pour le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrezzak Makri, qui continue malgré tout de défendre son idée de consensus national avec report de la présidentielle, participer à cette élection en avril prochain par exemple serait mal vu.
C’est le cas aussi de Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), qui revendique des législatives anticipées et l’élection d’une Assemblée constituante.
A ces deux-là s’ajoutent d’autres acteurs politiques qui, par leur silence et leur indécision, n’ont fait qu’aggraver leur cas. Il s’agit d’Ali Benflis de Talaie El Hourriyet et de Mohcine Belabbas du RCD. Sans oublier le Front des forces socialistes (FFS), pour qui la présidentielle n’est pas une priorité. Maintenant et à quelques encablures de l’échéance prévue constitutionnellement au mois d’avril prochain, que les partis de l’Alliance se mettent en ordre de bataille pour défendre la candidature de Bouteflika, les partis de l’opposition s’enfoncent dans la division. Chacun tire de son côté pour concocter une sortie de crise au pays. Finalement, en décryptant, on est tenté d’admettre que le pouvoir a piégé l’opposition qui s’est laissée emporter par des thèses telles que le report de l’élection, son annulation ou le prolongement de l’actuel mandat. Y a-t-il un «plan B» qui se profile à l’horizon ? Le piège est tellement compliqué qu’en sortir n’est pas chose facile. L’option d’un candidat commun de l’opposition est un rêve qui ne se réalisera pas, du moins pas pour cette élection. Les dissensions et les tirs des uns contre les autres ne plaident pas en faveur de ce choix. Reste l’autre option qui consiste à faire cavalier seul pour ceux qui veulent coûte que coûte se donner la posture de présidentiable. Mais là aussi, les chances sont tellement minimes que prendre part à l’élection serait interprété comme un deal à jouer le lièvre dans un scrutin perdu d’avance.
De plus, se lancer dans la course à trois mois de la date d’une élection présidentielle n’est tout de même pas sérieux pour des formations politiques qui se disent porteuses d’alternatives pour sortir le pays de la crise multiforme qu’il traverse.
C’est donc à ce constat de «piège» que se résume la situation de l’opposition à la veille de l’échéance présidentielle qui, en toute vraisemblance, va se dérouler comme prévu. Que faire ?

Aïssa Moussi

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