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Marches nocturnes ou de jour, degré de mobilisation et risque d’essoufflement.. Le hirak à l’épreuve du ramadhan

Comment maintenir la mobilisation durant le Ramadhan qui intervient dans une période de chaleur ? Faut-il marcher durant la journée ou faudra-t-il opter pour la nuit ?

Le 11e vendredi du mouvement populaire pour le départ du système a prouvé la détermination du peuple à rester mobilisé jusqu’à la satisfaction de ses revendications. Jusque-là, les tentatives du pouvoir en place, ou de ceux qui dirigent réellement le pays, de diviser le hirak, de l’infiltrer, voire de le dévier de sa «Silmiya»w n’ont pas abouti. S’acharnant à maintenir la solution constitutionnelle dépassée par les événements, ils misent désormais sur l’essoufflement durant le mois de Ramadhan. Les Algériennes et les Algériens accueilleront demain le mois sacré, comme à chaque année, avec un changement d’habitudes et de mode de vie. Pour le mouvement du 22 février, c’est un autre défi. Comment maintenir la mobilisation durant le Ramadhan qui intervient dans une période de chaleur ? Faut-il marcher durant la journée ou faudra-t-il opter pour la nuit ? La foule sera-t-elle de la même importance ? Autant de question qui traversent les esprits depuis quelques jours déjà et pour lesquelles aucun plan ne semble avoir été adopté par l’ensemble des citoyens.
Sur les réseaux sociaux, espace virtuel où s’est organisé le mouvement et continue de mobiliser, il n’y a pas de consensus autour de telle ou telle méthode. Pourtant, un seul mot d’ordre revient dans tous les commentaires et toutes les publications. Il s’agit de la détermination qui ne semble pas fléchir devant les rituels du mois sacré avec de longues journées de jeûne et des nuits généralement consacrées, pour une importante partie des Algériens, à la prière de ‘’Tarawihs’’ dans les mosquées. «Si les décideurs misent sur l’arrivée du Ramadhan pour nous faire rentrer chez nous, ils se fourrent le doigt dans l’œil !», lit-on sur un commentaire.
«Nous allons marcher jour et nuit, et tous les jours de la semaine jusqu’à ce qu’on nous entende», ajoute son auteur. Un autre internaute écrit : «La faim et la soif du Ramadhan ne représentent rien devant la “hogra” que nous avons subie pendant de longues années». Pour une dame qui assure marcher chaque vendredi avec toute sa famille, «face au plan diabolique du pouvoir qui mise sur le Ramadhan pour voir le hirak s’essouffler, les Algériens opposent un grand degré de maturité à travers lequel ils peuvent anticiper et déjouer tous les pièges». «On sortira dehors les tables du f’tour, puis nous manifesterons jusqu’au s’hor», a-t-elle ajouté, comme pour défier les ennemis du mouvement populaire et exprimer à quel point la détermination est intacte.
Entre slogans et terrain
Il est certes vrai que la réalité du terrain est toute autre comparativement aux slogans, et qu’une partie des algériens ne pourra sûrement pas résister et marcher pendant la journée, ne serait-ce que pour les malades et les personnes âgées. Mais, force est d’admettre que la volonté est là : tout le monde semble adhérer à l’idée de maintenir la mobilisation et que l’objectif de faire dégager le système et ses symboles, notamment les 2B restants (Abdelkader Bensalah et Noureddine Bedoui) mérite bien des sacrifices. Les appels donc à rester mobilisés ne manquent pas. Ce que font certains acteurs ou figures du hirak. L’avocat Mostepha Bouchachi a expliqué lors de la dernière marche que désormais «notre destin est entre nos mains ; nous devons préserver le cachet pacifique des marches populaires et rester soudés et unis afin d’aller de l’avant».
Me Bouchachi a appelé les Algériens à «maintenir la mobilisation» quelles que soient les difficultés, pour aller vers une période de transition «gérée par des hommes et femmes intègres». En attendant le 12e vendredi, les méthodes de manifestations devraient se dégager sûrement au cours de cette semaine, voire à partir de demain, premier jour du mois sacré. Ce qui est certain en tout cas, c’est que de jour comme de nuit, avant ou après le f’tour, Ramadhan ne semble pas décourager la mobilisation des Algériens dans leur marche pour le changement radical du régime et vers l’instauration de la démocratie et la république des libertés et des droits.
Aïssa Moussi

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