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Mascarade à deux sous…

Il aura fallu qu’elle aborde les conditions d’un accomplissement correct de la prière à l’école pour être traitée de tous les noms par le courant obscurantiste. Elle porterait atteinte aux constantes nationales, rien que ça, pour une ministre en fonction ! En fait, la dame qui a en charge l’épineux secteur de l’Enseignement n’en est pas à sa première défiance, depuis mai 2014. C’est le souffre-douleur des islamo-conservateurs. Elle manquerait à leur décor qu’elle leur serait aussi irremplaçable qu’un désert au Sahara. Il y a même un député qui s’est drapé dans des couches de Frères musulmans pour la menacer ouvertement et impunément. Qui aime bien châtie bien… Pourtant, pas de quoi fouetter un chat avec cette prière qui, comme par hasard a eu lieu en France, à l’Ecole internationale algérienne de Paris. Une lycéenne ayant accompli sa prière dans la cour du lycée aura suffi à exciter des esprits déjà convaincus que la ministre roule pour la France, d’où l’élève risque l’expulsion. Toujours est-il que, droite dans ses bottes, la dite ministre affirme que l’école a été fondée pour le savoir quelle soit la latitude ou la longitude et que la mosquée est faite pour prier. Et, après le feuilleton de la basmala, elle appelle ainsi à ne pas mélanger les genres, affirmant tout bonnement que le devoir de prier est fait à la maison ou à la mosquée. Les élèves doivent être à l’école pour seulement étudier et apprendre. Une vérité si évidente qu’elle en devient ridicule en suscitant une polémique, notamment sur les réseaux sociaux intégristes. On n’en a pas encore fini avec un intégrisme religieux ravageur, qui a failli précisément nous balancer dans un chaos intégral durant les années 1990. D’ailleurs la réaction du leader, siglé MSP et candidat à la présidentielle (!), en usant de propos offensants à l’adresse de la ministre et de tous ceux qui ne partagent pas son point de vue, espère délibérément brider et maintenir le pays dans un huis clos, pour ne pas dire sous un séquestre idéologique qui ne dit pas son nom. Islamo-baâthistes, ultraconservateurs, intégristes religieux, intégristes linguistiques, francophobes et reliquats pédagogues se sont donné le mot. Ils sont rivés dans les schèmes fossilisés des temps anciens et révolus. Et pour quelle finalité sous-jacente, inavouée ? C’est très simple, dès lors que ces «prêts-à-penser» rétrogrades, foncièrement immobilistes sans qu’ils ne sachent trop pourquoi. Mais entre-temps, autoproclamés «vertueux» dans leur propre entendement, ils en arrivent à deviner, voire découvrir que la religion, avec sa complexité exigée, est en fait l’instrument exclusif, pour ne pas dire d’exclusion, du pouvoir. Ça permet d’écarter invariablement, voire d’exclure arbitrairement des rênes de la gouvernance algérienne tous ceux et celles, francophones ou non, qui selon eux ne répondent pas aux critères consistant à filer droit, comme un toutou. Et Benghabrit ne cadre pas avec ce cas de figure de «niqab». Ses capacités intellectuelles, son look émancipé ne sont pas pour plaire à des rétrogrades sectaires, exaltés et dépassés. Elle incarne la guerre contre l’obscurantisme et, à travers ses multiples facettes, notamment scientifique, technique et technologique entre autres, elle tend à déranger cette école qui n’en finit pas de lambiner…
M. N.

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