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Mauvais feuilleton…

C’est un feuilleton de mauvais goût, tiré d’un polar de série B. Sans y être vraiment accro, on a longtemps suivi les coups tordus. Pourtant, il est question d’une affaire d’Etat… L’ancien chef d’Etat français, Nicolas Sarkozy, y campe le rôle principal. L’argent libyen qui coulait à flots à l’époque de Kadhafi a fini par le rattraper et le renvoyer à l’actualité, versant feuilleton médiatico-judiciaire. A l’issue de deux jours de garde à vue, il a été mis en examen mercredi dernier, après cinq années d’instruction, pour «corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens». Ça n’est pas une mince affaire, et son profil d’avocat d’affaires ne lui sera pas de trop pour se tirer d’affaire. Les travers qu’il convenait de taire, les magouilles et malversations sortent au grand jour. Ses appuis, amis, obligés, redevables et complices, dont il dispose encore, ne servent plus à grand-chose sauf à meubler les plateaux-télé. Le bouclier de la notoriété, c’était pour la franche ingérence dans les relations algéro-marocaines lors de la 4e édition du ‘Crans Montana Forum’ à Dakhla, sur le territoire occupé du Sahara occidental. Un regard plus distancié et objectif sur l’Algérie, c’est trop lui demander. Mais bon, les paroles de la chanson de son regretté Johnny Hallyday lui trottent déjà dans la tête. Hé oui, «les portes du pénitencier bientôt vont se fermer, et c’est là que je finirai ma vie comme d’autres gars l’ont finie»… Ça lui pendait au nez et, même si la présomption d’innocence court encore, il risque dix ans de taule, l’héritier de la Françafrique et ses réseaux de financements occultes, sous l’ère notamment des Jacques Foccart, Houphouët-boigny ou Charles Pasqua. Cet héritier-là, bien qu’il s’en défende, aurait reçu «gracieusement», de la part de Kadhafi, un soutien financier estimé à 50 millions de dollars, début 2007, pour sa campagne présidentielle. Vrai ou faux, toujours est-il que des gens, payés pour, auront à en juger. Mais, outre le réchauffement (tarifé ?) des relations franco-libyennes avec la libération des infirmières bulgares, puis, quelques mois plus tard, la réception en grande pompe du «Guide» à Paris, n’y a-t-il pas anguille sous roche dans l’empressement de Sarko à intervenir militairement en Libye en 2011 ? Ses intentions, vendues humanitaires, étaient en fait un horrible feu aux poudres, cynique et programmé. D’ailleurs, le peuple libyen ne lui avait rien demandé. Sûrement pas le chaos que vit la Libye 7 ans après ! On mesure aujourd’hui le désastre humain que la vengeance supposée d’un homme sur un autre, par crainte de révélations, a engendré. Ce que toute honte bue un pseudo-philosophe, du nom de Bernard Henri Levy, avait qualifié d’opération humanitaire s’est soldé par la mort de plus de 60 000 civils. La Libye, dont le niveau de vie était l’un des plus élevé d’Afrique, est en ruine aujourd’hui. Sept ans après, c’est le chaos. Le pays est en proie à l’instabilité politique et sécuritaire. Le territoire est devenu le terrain de toutes les exactions. Milices, terroristes, trafiquants d’armes et passeurs de migrants y font la loi. Qui s’en inquiète, qui en parle sur les plateaux-télé qui commentent les retombées politico-judiciaires de l’affaire Sarko ? La Cour pénale internationale est une juridiction pénale universelle permanente chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crime contre l’humanité et de crime de guerre. Son siège est à La Haye, aux Pays-Bas, et la France en fait partie. C’est là-bas qu’aurait dû comparaître, et depuis belle lurette, le «bienfaiteur» de l’humanité qui se dit «victime» d’une cabale lui ayant coûté la présidentielle de 2012. Le pôôvre, il a perdu au casino. Comparé aux milliers de victimes libyennes d’après 2011, on ose à peine mesurer ses déboires et l’image qui en découle, bourrée de tics obsessionnels…

M. N.

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