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Médicaments anti-cancer: Les fabricants algériens dénoncent un manque de moyens

Les fabricants nationaux des produits pharmaceutiques n’ont pas les moyens pour produire des médicaments de qualité pouvant lutter efficacement contre les maladies, notamment le cancer.
C’est qu’a révélé, hier, le président de la Société algérienne de pharmacie, le Dr Farid Benhamdine, lors de son passage à l’émission L’Invité de la Rédaction de la Chaîne III. Dans son intervention, le Dr Benhamdine a relevé que des fabricants sont amenés à produire des médicaments «à petits prix» et aux qualités thérapeutiques contestables, en raison des sommes minimales qui leur sont allouées, pour payer les équipements et autres matières premières destinées à les produire. Il a estimé, à cet effet ,que les 90 unités locales de production de traitements pourraient, dans ce domaine, faire mieux, en se regroupant et en développant des liens avec les multinationales. «Apprenons à fabriquer certains médicaments chez nous et à rationaliser leur usage», a-t-il déclaré. Et d’ajouter : «La facture d’importation de médicaments coûte annuellement à l’Algérie plus de 3 milliards de dollars. Et pour la diminuer, les entreprises de fabrication sont appelées à remonter le niveau de leur production et remplir leur contrat». Pour lui, il faut penser à faire des partenariats et s’accrocher aux grandes sociétés dans de grands partenariats pour exporter et valider le produit algérien. «On peut faire mieux avec les 90 unités de production de médicaments», a-t-il tranché. «C’est la seule manière», a-t-il défendu, «qui permette de limiter la facture d’importation de médicaments». Le cancer demeure en Algérie la maladie la plus répandue et la plus coûteuse. Selon le Dr Farid Benhamdine, «63% des médicaments importés par la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) sont destinés à l’oncologie, alors que ce taux dépassait à peine les 10% avant. L’industrie des traitements ciblée (cancer) a été multipliée par 4,5 en 25 ans». Toutefois, l’invité de la Chaîne III pointe du doigt le monopole sur ces produits pharmaceutiques. «Ce qui augmente la facture, dénonce-t-il, ce sont les médicaments issus de la biotechnologie et qui sont sous le monopole de 3 ou 4 laboratoires». Il a relevé à ce propos que contrairement à ce que rapportent les laboratoires, la recherche ne coûte pas cher, que 15 à 20% du chiffre d’affaires, tandis que 20 à 30% vont au marketing et 15 à 20% sont des profits. La question du médicament en Algérie, particulièrement celle relative aux difficultés rencontrées par les fabricants nationaux d’innover dans ce domaine, a été également abordée par le Dr Benhamdine. Ce dernier a estimé que l’innovation accolée à certains traitements présentés comme de nouveaux produits ne signifie pas forcement progrès. L’innovation, c’est «un mot trompeur» désignant un traitement ne présentant souvent aucune garantie de valeur thérapeutique ajoutée, notamment celui servant de complément dans la thérapie du cancer. À l’idée d’utiliser des thérapies innovantes pour soigner certaines affections, l’invité a insisté sur l’impératif de développer la prévention : «Le nœud du traitement de toute maladie, particulièrement celle du cancer». Pour lui, le plus important reste la prévention, à travers le dépistage, la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie, en particulier. Selon lui, on ne fait pas assez de prévention, notamment pour les cancers héréditaires, lesquels représentent 10% de ce type de maladie. Il a, par ailleurs, appelé les citoyens à cotiser au niveau de la Caisse de la sécurité sociale, pour leur permettre de bénéficier d’un meilleur traitement, au niveau des hôpitaux. «Je veux attirer l’attention de mes concitoyens sur ce point. Si vous voulez être bien traités dans les hôpitaux, il faut que vous payiez vos cotisations à la CNAS. La solidarité est un outil. On ne pas continuer à fuir les cotisations et demander à avoir les derniers soins», a-t-il souligné.

Fella H.

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