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Mini-jupe de Djamel Eddine Selhab: Les mots du cœur et de la raison

Avec un titre aussi insolite et coquin, «Mini-jupe», le lecteur lambda s’attend à une saga torride, assez hard et cocasse, or le roman dramatique de Djamel Eddine Selhab nous entraîne dans une Algérie en proie à ses démons durant la décennie noire.

Loin de verser dans le mélodrame, le roman «Mini-jupe» de Djamel Eddine Selhab relate une période de soubresauts et de déchirements ayant secoué et miné le pays en le fragilisant.
L’ouvrage raconte l’ histoire poignante d’une famille algérienne composée du père Mohamed commis de l’Etat, de Doudja femme au foyer et des deux enfants Amina future bachelière et Hamid devenu avocat. Entre leurs aspirations et envies de vivre leur vie sans se soucier du qu’en dira-t-on, ces jeunes gens qui vivent respectivement dans leurs bulles suscitent l’ire de certains voisins du quartier. Amina belle et rebelle, attise la convoitise des jeunes gens, alors que la réussite fulgurante de son frangin attise la jalousie des copains désœuvrés du quartier.

Perte de repères

Dès lors débute leur descente aux enfers au grand dam de leurs parents qui essayent de canaliser leurs énergies jugées contraires à la morale sociale par les bien-pensants et les grenouilles de bénitier. Dans une société en mal de repères, Djamel-Eddine fait évoluer ses personnages au gré de ses désidératas et ses humeurs. Dans l’entame du roman, l’auteur moralise la société en perte de repères, ce qui alourdit le texte qui ressemble à une revue de presse. En outre, la saga tient en haleine le lecteur par son écriture alerte, son intense souffle et ses nombreux rebondissements.
C’est un bon roman qui se lit agréablement et qui revisite une période sombre de l’histoire de l’Algérie. L’écrivain Djamel-Eddine Selhab rappelle les mutations et les déséquilibres qui rongent la société. L’écrivain qui a suivi une formation de chirurgien- dentiste a déjà à son actif deux romans dont «Aïcha» paru aux éditions ‘Hibr’-2010 et «El Ferna» aux éditions ‘Galaxie’-2012. Ce troisième ouvrage s’inscrit dans la lignée des deux autres premiers. Faisant une parabole de la société, il dissèque la société et porte un regard humain assez complaisant.

Kheira Attouche

 

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