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mise en Conformité des constructions.. Fin de délai, et après ?

De la capitale jusqu’au plus profond de l’Algérie en passant par les grandes villes, ces constructions encore au stade du briquetage avec des terrasses ponctuées de piliers rubigineux, amochent l’environnement.

Près d’un million de constructions inachevées sont recensées à travers le territoire national. Ce chiffre communiqué il y a deux ans par le secteur de l’habitat semble aujourd’hui dépassé. L’application de la loi 08/15 relative à la conformité des constructions n’a en réalité pas suivi l’intérêt accordé par les pouvoirs publics à ce volet. Preuve est donnée par ces milliers de bâtisses restées nues depuis des années enlaidissant le paysage tant urbain que rural. De la capitale jusqu’au plus profond de l’Algérie en passant par les grandes villes, ces constructions encore au stade du briquetage avec des terrasses ponctuées de piliers rubigineux, amochent l’environnement. Une anarchie architecturale révoltante.
La mise en place d’une batterie de textes dans le cadre de la loi 08/15 avait donné un espoir de voir le début de la fin de l’affront fait à l’urbanisme. Des commissions interministérielles avaient été créées avec pour objectif de suivre l’application dispositions faisant obligation aux citoyens concernés de remédier à la conformité de leurs constructions. Wilayas et collectivités locales ont été chargées du suivi du dossier et un délai de cinq ans était accordé aux propriétaires pour s’acquitter de leur devoir de parachever leurs constructions, au cas contraire des sanctions allaient pleuvoir pouvant aller jusqu’à la démolition de ces dernières. Onze ans après, le constat est loin d’être brillant. Les APC chargées de recevoir les dossiers et de médiatiser la question n’ont pu accomplir leur tâche comme le souhaitaient les instances. Complaisances et visées électoralistes ont empêché la concrétisation d’un projet dont le moins qu’on puisse dire était voué à l’échec.
Une loi tardive ?
Deux raisons essentielles sont à avancer dans ce sens : la première est liée à l’attribution du terrain, objet de la construction dont le dossier ne contient pas souvent les pièces requises. Des milliers de terrains ont été attribués dans le flou. L’on se rappelle à cet égard le nombre impressionnant de lots de terrains attribués par les délégations communales quand le pays était à feu et à sang. On obtenait son lopin de terre sur simple décision administrative de la mairie alors que la loi exige un acte de propriété donnant droit à la construction. La seconde raison relève du permis de construire délivré sur présentation de l’acte de propriété. Or l’absence de ces documents capitaux n’a pas empêché les intéressés de construire leurs maisons sans tenir compte des règles de l’urbanisme. Empiètements sur la voie publique, anarchie urbanistique caractérisée par des dépassements des niveaux arrêtés par le plan de masse de la commune, non-respect des vis-à-vis, etc.
On a vu parfois des cas où un poteau électrique est accaparé à l’intérieur pour gagner quelques mètres de terrain.
A cela vient se greffer une autre problématique d’ordre financier celle-là. Beaucoup de familles se trouvent aujourd’hui dans l’incapacité de parachever leurs constructions. Le prix du sac de ciment d’il y a un quinze ou vingt an a été multiplié par quatre ou cinq. Il y va de soi pour le rond à béton et autres matériaux. Avec le pouvoir d’achat au plus bas que jamais, ce n’est pas évident de voir un père de famille tenter une aventure sans laisser des plumes.
La seule issue pour elles est d’obtenir de l’aide de l’Etat. Et même là rien n’est gagné si l’aide reste insuffisante. Des citoyens à qui nous avons posé la question sont plutôt réticents. «Je n’arrive pas à mettre la moindre somme de coté qui puisse me permettre d’entamer des travaux. Pour moi la boucle est bouclée et c’est à mes enfants de prendre la relève plus tard», dira l’un d’eux, un retraité dont la pension est tout juste de 50.000 DA pour une famille de sept personnes. Il est le seul pourvoyeur de fonds. Quant à la mission des services compétents d’aller jusqu’au bout de l’application des dispositions de la loi 08/15, elle ne semble pas de tout repos. Reportée une première fois en 2013 puis une seconde fois en 2016, la loi en question dont le délai est fixé pour le mois d’août prochain, risque un troisième report même si quelques familles se montrent favorables à la conformité de leurs constructions.
Mais combien sont-elles à l’échelle nationale quand on sait que près de cinq millions de personnes sont concernées par la loi? Les autorités pourront-elles exécuter à la lettre les textes en vigueur en démolissant des milliers de constructions inachevées et non conformes ? A méditer.
Ali Fares.

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