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Mohamed Hadj-Djilani, premier secrétaire du FFS, à partir d’Aïn Defla: «Le flou sur l’avenir amplifie la crise»

Le Premier secrétaire national du FFS estime que l’avenir du pays est entouré d’incertitudes. Ce flou ne fait qu’aggraver la crise multidimensionnelle que traverse l’Algérie. À quelques mois seulement d’une élection présidentielle des plus cruciales, Mohamed Hadj Djilani exprime les craintes du Front des forces socialistes (FFS), pour l’avenir, se basant sur l’analyse des conditions de vie des Algériens, la gestion des affaires par le gouvernement et les contestations sociales. «La situation politique aujourd’hui, est marquée par beaucoup d’incertitudes autour de l’avenir du pays», a déclaré, hier, le premier secrétaire du plus vieux parti d’opposition, lors d’un meeting animé à la salle de théâtre Mahfoud Touahri de Miliana, dans la wilaya d’Ain Defla. Pour lui, «le flou total sur l’avenir politique, économique et social amplifie la crise que traverse le pays», évoquant, comme éléments d’évaluation «la détérioration du pouvoir d’achat du citoyen, et un niveau de vie difficile pour les Algériennes et les Algériens, causé par la mauvaise gestion et la mauvaise gouvernance, et la répartition inégale des richesses, ce qui a causé une contestation populaire dans tous les coins du pays». A qui la responsabilité ? L’orateur ne va pas s’éloigner pour chercher des coupables, puisqu’il pointera du doigt les tenants du pouvoir. «La responsabilité de cette dangereuse situation incombe au pouvoir», a-t-il accusé, soutenant qu’elle découle de «sa gestion autoritaire, unilatérale, non participative et non consensuelle». Chose qui a, conclut-t-il, «approfondi les injustices, la hogra et le mépris».
Il en veut pour quelques exemples, la situation «dégradante» de différents secteurs comme l’éducation, l’université et la santé, qui, selon lui, «ne répondent pas aux besoins des citoyens, et n’offrent pas les conditions d’une vie décente». «La peste, le choléra, la rougeole, et puis quoi d’autre ?», s’est interrogé ironiquement Mohamed Hadj-Djilani. Pourtant, il n’est pas de fatalité pour le FFS, qui mise sur la mobilisation citoyenne pour imposer le changement. Face à un régime qui «fait tout pour maintenir le statu quo», le premier secrétaire national du parti estime que «la société bouge pour le changement, les syndicats, les associations, les collectifs se mobilisent». «Le FFS accompagne (et) accompagnera les hommes et les femmes qui bougent pour faire changer les choses», a-t-il assuré, rappelant que «notre camp est dans la société, dans son avenir, dans son devenir». Face à ce que Hadj-Djilani qualifie d’«immobilisme» du régime en place, le FFS centre son projet sur la mobilisation citoyenne, capable à même d’établir «un rapport de forces», voire, «contraindre le régime à un dialogue politique, pour changer le système actuel», espère l’orateur.

Mobilisation citoyenne

Il reste que l’enjeu est donc est d’élever la conscience politique et sociale de toutes les franges de la société, suggère le premier secrétaire du FFS, appelant à des rencontres politiques au niveau des quartiers, des villages, et des universités. Une conscientisation de masse qui permettra, pense-t-il encore «d’imposer au pouvoir la reconstruction d’un consensus national, qui mettra fin à un régime de non droit, anti-démocratique et antisocial, et assurera l’avènement d’une deuxième république».
Comme le meeting d’hier entrait dans le cadre des activités du 55e anniversaire de la fondation du FFS, Mohamed Hadj-Djilani est revenu sur les circonstances de la création du parti. «Le FFS est né dans le sillage de la crise post-indépendance, lorsque le régime a dépossédé la souveraineté du peuple algérien», rappelle Djilani, regrettant que le régime algérien «a brisé la dynamique» de construction d’un Etat démocratique et social. Le comble, c’est que l’Algérie, qui a vécu sous l’ombre du parti unique, «continue de vivre sous le joug d’un système autoritaire, qui réprime toutes les voix appelant à un véritable pluralisme, et non une pluralité de façade», assène le premier secrétaire du FFS.

Aïssa Moussi

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