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Moussa Tamadartaza, sénateur du FFS: «Tamazight, un élément d’unité, non de division»

 

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Tahar Hadjar, a présenté, hier au Conseil de la nation, le projet de loi relatif à l’Académie algérienne de la langue amazighe, dans une ambiance morose. Les débats étaient plats et les interventions peu nombreuses. D’ailleurs, un peu plus d’une heure a suffi au ministre pour présenter le projet et de répondre aux préoccupations des sénateurs. L’une des rares interventions à retenir est celle de Moussa Tamadartaza, sénateur du FFS, réhabilité politiquement au sein de son parti dans le sillage du changement opéré dans l’Instance présidentielle. Dans son allocution, M. Tamadartaza est revenu sur le long combat et les sacrifices consentis par des générations de militants de la cause amazighe. «Dans ce projet de loi, il est dit que la question de l’identité est l’une des plus importantes questions auxquelles l’Etat algérien a accordé un intérêt particulier depuis l’indépendance. Quant à nous, nous disons le contraire car tout le monde sait que le système a toujours tenté de renier l’identité amazighe», a-t-il lancé d’emblée. L’intervenant n’a pas manqué de citer les pratiques du système contre l’identité, dont sa persistance à refuser de reconnaître la langue amazighe comme langue nationale et officielle jusqu’à 2016, la perte d’une année scolaire en Kabylie en 1994 à cause des revendications liées à l’officialisation de tamazight et la répression des manifestations pacifiques revendicatives de la reconnaissance de la dimension amazigh du pays. Il rappelle, dans ce contexte, l’arrestation des acteurs du printemps berbère de 1980 et les douloureux évènements du printemps 2001 lors desquels près de 130 jeunes ont été tués en Kabylie. «Pour ces raisons, nous affirmons que l’Etat algérien n’a accordé aucun intérêt à la question identitaire. C’est une grosse erreur qui a provoqué des problèmes qui ont failli menacer y compris l’unité nationale», a-t-il déclaré. Selon le représentant du FFS, la négation de la dimension amazighe de l’Algérie est «une grave violence subie par des générations et des générations et dont les blessures ne se sont pas cicatrisées jusqu’à aujourd’hui». «Mais toutes les tentatives répressives d’effacer l’appartenance à l’amazighité resteront vaines car la lutte pour préserver notre identité et notre authenticité se poursuit. Notre amazighité comme langue, culture, valeurs, traditions et pratiques est un droit fondamental qui relève de notre existence même», a-t-il encore affirmé. Il a expliqué que la lutte de son parti est une double lutte : la première, politique, concerne le combat pour l’Etat de droit et de la démocratie et la deuxième, culturelle, concerne le combat pour tamazight pour construire une Algérie forte, unie et solidaire. «Notre combat pour Tamazight est indissociable de notre combat pour la démocratie», a-t-il tranché. Soutenant que tamazigh est un élément d’unité et non de division, l’orateur a appelé, au nom du FFS, à consacrer cette langue comme langue officielle des institutions de l’Etat et de la protéger contre toute éventuelle révision constitutionnelle qui la remet en cause. Selon lui, la mise en œuvre de l’article 4 de la Constitution ne peut se limiter à la seule création de l’Académie. Il appelle à la mise en œuvre de tout le contenu de cet article, à travers une loi organique. M. Tamadartaza a appelé aussi à lever tous les obstacles devant le développement de la langue amazighe et de la mettre à l’abri de toutes les pressions, de tout complot et de toutes formes d’extrémisme.

Karim Aimeur

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