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Musique classique: L’andalou retrouve sa place

Le public qui se déplace en force tous les soirs pour assister au festival de la musique andalouse et des musiques anciennes tous les soirs à l’Opéra d’Alger Boualem Bessaih et lors des concerts donnés régulièrement dans les salles prouve que la chanson arabo-andalouse est revenue en force.

Le temps où on croyait que la musique arabo-andalouse était réservée à une certaine catégorie bourgeoise de certaines villes telles qu’Alger, Tlemcen, Béjaïa et Blida, il n’y avait que quelques associations andalouses à travers le pays et qu’on croyait qu’il fallait être d’une famille noble pour y accéder, aujourd’hui, a bien changé. La preuve est ce public nombreux qui se déplace pour assister aux concerts lors des festivals tels que celui organisé actuellement à l’opéra d’Alger, au festival international du Malouf de Constantine ou ceux initiés régulièrement à Blida, Tlemcen, Koléa, etc…. Lors des journées de la musique andalouse organisées à Koléa, cette petite ville à l’ouest d’Alger on a vu défiler des troupes algériennes, de Tunisie et du Maroc devant un public toujours nombreux. A Blida, Mostaganem, Tlemcen, Béjaïa etc, la musique andalouse attire de plus en plus d’amateurs qui assistent en force aux soirées andalouses.

L’apport des associations

Mises à part les anciennes telles que la doyenne El Mossilia d’Alger, El Widadia de Blida, des dizaines d’associations ont été créées à travers l’Algérie ces derniers décennies. Certaines comme El Djenadia de Boufarik, Ahbab Sadek Bedjaoui à Béjaïa ou Dar El Gharnatia de Koléa sont au devant de la scène. D’autres troupes activent à Cherchell, Miliana ou Tlemcen où l’andalou fait partie de la vie familiale. Bien que les éditeurs continuent à préférer l’enregistrement de chansons commerciale, l’andalou a trouvé la place qui lui revient grâce à ces associations qui travaillent assidûment même si souvent, ils manquent de moyens et de budget mais aussi de chanteuses telles que Nassima Chabane, Lila Borsali ou Beihdja Rahal. Il faut noter que l’office national des droits d’auteur et droits voisins (ONDA) joue un rôle pour encourager la chanson du patrimoine en enregistrant des coffrets de chanteurs d’andalou, de Hawzi etc…
L’amour de la musique andalouse et le travail réalisé par certains mélomanes au niveau des associations est toutefois le plus grand levier pour la mise en avant de cette musique qui attire de plus en plus les jeunes. Le travail fait au niveau des conservatoires est également à signaler car beaucoup de jeunes musiciens et chanteurs amateurs de Chaâbi ont compris qu’en passant par l’école andalouse, ils se prépareront mieux pour une carrière professionnelle car, il faut le rappeler, l’andalou est la véritable base du Chaâbi et du Hawzi.

Les hommes marginalisés ?

Il faut noter aussi l’apport des chanteuses femmes qui se sont lancées depuis plusieurs années dans des carrières en solo en suivant l’exemple de Nassima Chabane qui fut la première à enregistrer à la télévision la Nouba Zidane. Au moins une dizaine de chanteuses telles que Zakia Kara Turki, Rym Hakiki, Lamia Madini et Lila Borsali ont réussi à se faire un nom et à remettre à la mode la chanson andalouse.
Pour les hommes, certains comme le professeur Bachir Mazouni ont préféré se consacrer à la formation bien que sa voix lui permet une carrière de grand chanteur. Le Qanoundji (cithariste) Smain Hini qui est issu de l’association El Mossilia s’est également consacré à la formation des jeunes au sein d’associations et parmi ceux qu’ils a formés, a préféré lancer sa fille Hasna qui ne cesse de monter et qui a prouvé ses capacités vocales à travers ses concerts et ses enregistrements.
C’est vrai que ces dernières années, on a remarqué la montée de femmes au devant de la scène mais il faut reconnaître qu’il y a une certaine marginalisation dont on ne connaît pas l’origine dont sont victimes des chanteurs de grande qualité tels que Farid Khodja.

Bari Stambouli

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