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Navigation à vue…

Un mois après le début de la protesta contre le système en place, la scène politique est ballotée entre les exigences «carrées» de la rue et les interminables plans de sortie de crise de l’opposition. Une véritable cacophonie s’est alors emparée des places publiques, des plateaux des chaînes de télévision et des états-majors politiques. Au point où la rue rejette même ses propres revendications, refusant les «tentatives de récupération», aussi bien de la part des partis politiques que des personnalités, qui veulent se faire les porte-voix des exigences des manifestants. A l’exception de l’institution militaire à laquelle ils vouent respect et considération, les Algériens refusent tout ce qui émane du pouvoir. Après avoir rejeté la conférence politique inclusive proposée par le chef de l’Etat, ils font de même pour l’idée de la mise en place d’un gouvernement de «compétences», que le nouveau Premier ministre peine à mettre sur pied. Cette attitude de la rue est le fait de plusieurs décennies de déni de justice, de privations, et parfois même de mépris envers la population. Et le cinquième mandat n’a été que la goutte qui a fait déborder le vase. Une sorte de soupape de décompression, qui ne va pas se refermer tant que la voix de la rue n’est pas prise en compte, et que les revendications principales des manifestants, à savoir la non-prolongation du 4e mandat et le départ des anciens visages du système, ne sont pas satisfaites.
A.L

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