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Noureddine Boudissa, DG d’ALGERAC : «L’Algérie doit avoir ses propres moyens d’évaluation»

 

Alors que les pouvoirs publics font de la diversification de l’économie nationale et de l’exportation, des priorités pour palier à la chute des prix du pétrole qui a considérablement affecté les finances du pays, il se trouve que nos opérateurs et potentiels exportateurs ignorent les exigences et normes internationales en la matière.
On accuse un grand retard qui peut nous coûter cher si la question n’est pas prise au sérieux. Le constat est celui du directeur général de l’Organisme algérien d’accréditation (ALGERAC), Noureddine Boudissa. «Il y a eu des exemples d’opérations d’exportation qui ont viré à l’échec en raison de l’ignorance des normes et des exigences du pays de destination et celles relatives à la marchandise», a déclaré, hier, M. Boudissa. Invité du forum du Journal El Moudjahid, le DG d’ALGERAC a tiré la sonnette d’alarme en direction des pouvoirs publics qui, dit-il, «doivent prendre conscience de la nécessité de s’adapter aux règles mondiales en termes d’accréditation». L’organisme national d’accréditation qu’il dirige, créé par le Décret exécutif n° 05-466 du 6 décembre 2005, est capable de jouer son rôle. Mais, faudrait-il qu’il y est généralisation de la culture de l’évaluation et de la conformité est que le pays en dispose de ses propres moyens. «On a tendance à l’ignorer, mais la qualité est l’élément de l’exportation», tranche Noureddine Boudissa qui plaide pour l’urgence d’attaquer ce qu’il qualifie de «chantier», avant qu’il ne soit trop tard. Et pour cause, le démantèlement tarifaire dans le cadre de l’Accord d’association avec l’Union européenne, entre en vigueur en 2020, fera-t-il remarquer. C’est pourquoi, «il faudra pour l’Algérie de se doter des moyens et surtout maitriser les règles internationales et former le personnel».
Cela, permettra, ajoute l’orateur «de luter contre toutes formes de contrefaçon et de fraude». El il semblerait qu’il n’existe aucune autre façon, surtout que dans les pays développés, la question n’est même pas posée de nos jours, puisque le contrôle et l’évaluation sont des éléments importants dans la chaine commerciale. En Algérie, «ce n’est que maintenant qu’on en débatte», regrette-t-il. Affirmant la «présence» de cet organisme public dans tous les domaines, le DG d’ALGERAC rappelle «la reconnaissance» qu’il a arrachée de l’European Accreditation en octobre 2017 et qui permet aux acteurs qui exercent dans le domaine de la qualité de se mettre à niveau et bénéficier de l’accréditation qu’il délivre.
Parmi les propositions qu’il suggère afin que l’Algérie puisse avancer et se mettre à niveau dans le commerce extérieur qui fonctionne des règles et normes internationales strictes, «l’accréditation de 240 laboratoires d’évaluation de la conformité et d’inspection qui est actuellement soumise à l’aval des autorités», révèle Noureddine Boudissa.
Ce dernier plaide, par ailleurs pour l’élaboration de textes de loi permettant de définir les exigences à respecter pour tout produit. «Il y a un vide juridique car nous n’avons pas instauré des lois pouvant trancher si tel ou un tel produit est conforme ou autorisé à entrer sur le marché national», assène l’orateur, regrettant qu’«on continue à fonctionner à l’oral et avec des certificats de laboratoire non accrédités». Les 240 laboratoires qu’ALGERAC propose d’accréditer «sont choisis parmi les domaines de priorités comme l’agroalimentaire, les pièces de rechange, le blé ainsi que d’autres produits de consommation», précise M. Boudissa. Son appel, «relancé à maintes reprises», sera-t-il, cette fois-ci, entendu ?

Aïssa Moussi

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