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paix en Syrie: L’Arabie saoudite pilonne le dialogue

L’Arabie saoudite a réussi à pilonner la rencontre de Genève à laquelle devaient participer le gouvernement de Damas et l’opposition.

Tandis que la Russie, la Turquie et l’Iran déployaient d’importants efforts pour le lancement du dialogue, l’Arabie saoudite a réuni jeudi l’opposition qui a rendu publique une proclamation contraire à l’esprit du dialogue. Il s’agit de l’exigence de la démission du président Bachar El Assad, contestant au peuple de la Syrie le droit de désigner son président. Le gouvernement de Damas conteste la proclamation de l’opposition réunie jeudi dernier à Riyad et annonce son absence aux pourparlers de Genève. Le journal de la Syrie El Watan rapporte que la délégation gouvernementale des négociateurs a suspendu son voyage à Genève et n’a pas déterminé de date ultérieure. Damas est opposée à la proclamation de l’opposition en Arabie saoudite et à l’interprétation douteuse de la résolution 2254 du Conseil de sécurité.
La position de Damas a été largement détaillée lors de la réunion des autorités syriennes avec Ramzi Ezzedine Ramzi, adjoint de Staffan de Mistura, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie. La proclamation en question impose à la Syrie certaines conditions dont le retrait de Bachar El Assad du pouvoir, ce que Damas considère comme un «retour à la case départ», un non-respect de la résolution 2254 contraire à une solution politique qui puisse sortir le pays de sept années de guerre.
La Russie, la Turquie et l’Iran ont initié la relance du dialogue engageant Damas et l’opposition. Les conditions pour un dialogue permettant le retour à la paix dans ce pays sont réunies avec la défaite de Daech combattu par Damas, la Turquie, l’Iran, le Hezbollah et la Russie. L’Arabie saoudite a alors tenu une réunion de l’opposition, quelques jours précédant le lancement du dialogue. Au lieu d’encourager le dialogue et le retour à la paix, l’Arabie saoudite a fait en sorte que l’opposition exige des conditions sabotant le dialogue et, donc, éloigner le retour à la paix. Le président El Assad qui dit être prêt au dialogue a participé avec ses homologues russe et turc à la rencontre de Sotchi pour la relance du dialogue. Côté russe, turc et iranien, le dialogue est privilégié pour le retour à la paix. L’opposition réunie en Arabie saoudite agit de manière non favorable au dialogue.
Le gouvernement syrien a adressé hier soir un message à l’ONU, indiquant que sa délégation ne viendrait pas lundi à Genève pour participer au nouveau round de négociations politiques sur la Syrie, a annoncé l’émissaire onusien Staffan de Mistura. «Le gouvernement n’a pas encore confirmé sa participation» aux négociations qui devaient débuter hier, a noté l’envoyé spécial de l’ONU. L’Arabie saoudite a reconnu soutenir une prétendue opposition contre Damas.
La monarchie pétrolière est accusée d’être impliquée avec les terroristes. L’Arabie saoudite a créé une coalition des pays musulmans pour, prétendument, combattre Daech, mais écarté Damas, Téhéran et Baghdad, pays qui participent considérablement à la lutte contre les terroristes. Le but de l’Arabie saoudite ne serait donc pas la lutte contre le terrorisme, mais de diriger les pays de la coalition contre les houthis et l’Iran, comme au Yémen.

Mounir Abi

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