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Pauvreté, radicalisme et terrorisme: L’autre Maroc

Cette précarité, on la retrouve aussi dans la commune rurale de Harbil, près de Marrakech, dans laquelle vivaient les deux autres principaux suspects.

Avec une urbanisation anarchique et ses jeunes désœuvrés, Al-Azzouzia tranche avec les beaux quartiers de Marrakech, joyau du tourisme marocain ; c’est dans cette banlieue déshéritée qu’a été interpellé dès lundi, Abderrahim Khayali, un des meurtriers présumés des deux touristes scandinaves.
Cette banlieue du nord-ouest de Marrakech est à la fois si proche, géographiquement, et si loin, socialement et économiquement, du cœur de la ville ocre, destination phare du royaume. Le contraste avec les hôtels de luxe et les belles avenues bordées de palmiers y est saisissant, écrit l’AFP. Premier mis en cause dans ce meurtre pour lequel le caractère terroriste est désormais attesté par les autorités, Abderrahim Khayali est apparu jeudi, dans une vidéo aux côtés des trois autres principaux suspects, arrêtés trois jours après lui. Ils y prêtent allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de Daech. Les quatre suspects sont tous des jeunes âgés entre 25 et 33 ans, socialement marginalisés et ayant des connaissances limitées en matière de savoir religieux, a dit à l’AFP le chercheur Mohammed Masbah, spécialiste des mouvements islamistes. Les habitants interrogés par l’AFP ne font pas état d’une présence notoire de prédicateurs salafistes dans le quartier. Cette précarité, on la retrouve aussi dans la commune rurale de Harbil, près de Marrakech, dans laquelle vivaient les deux autres principaux suspects, Rachid Afatti, 33 ans, et Abdessamad Ejjoud, 25 ans. Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans, étaient parties pour un mois de vacances au Maroc. Les deux amies avaient planté leur tente dans cette région montagneuse. Alors qu’un acte criminel est d’abord évoqué par les autorités, la diffusion de deux vidéos sur les réseaux sociaux oriente désormais vers la piste terroriste, redoutée par le Maroc, qui a été épargné par les attaques djihadistes depuis 2011. «C’est un acte criminel terroriste inadmissible, qui ne correspond pas aux valeurs des Marocains, ni de la région où il a eu lieu», a dit le gouvernement. Le Maroc, également important pourvoyeur de terroristes en Irak et en Syrie, dit qu’il a fait de la lutte antiterroriste une priorité, et a verrouillé l’encadrement du champ religieux à travers le puissant ministère des Affaires religieuses, qui contrôle les lieux de culte, ainsi que la création d’un Conseil supérieur des oulémas. Le Maroc, dont de nombreux terroristes combattent avec Daech, est confronté à une pauvreté pas refletée par le caractère luxueux des destinations touristiques. La pauvreté qui caractérise une importante partie du Maroc est exploitée par les terroristes de Daech, qui recrutent parmi les populations défavorisées. Une réalité à laquelle le pouvoir marocain n’a pas accordé d’importance, malgré le mouvement de protestations du Hirak, dans le Rif marocain.

Mounir Abi

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