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Permanence durant l’Aid el Fitr: Quand des commerçants font fi de la loi

En dépit de la nette hausse du nombre de commerçants réquisitionnés durant les deux jours de l’Aïd el Fitr,  la permanence n’a pas été respectée, notamment dans de nombreuses communes d’Alger, contrairement  aux affirmations du ministère du Commerce.

Comme à chaque fête religieuse, le citoyen se plaint de la fermeture des commerces, des boulangeries, mais également des pharmacies. C’est le même constat pour cet Aid el Fitr. Un grand nombre de commerces ont baissé rideau durant les deux jours de la fête dans plusieurs communes de la capitale, tandis que des queues se formaient devant les rares boulangeries ouvertes, et ce, en dépit des mesures prises par la Direction du commerce, qui a annoncé la mobilisation de 4594 opérateurs économiques et commerçants sur un total de 8779 inscrits à Alger. Ce qui est quand même peu vu le nombre d’habitants dans l’algérois. A Alger-Centre, Bab el Oued, ou encore Rais Hamidou ou Ain Bénian, ce n’est pas tous les commerçants qui ont respecté la réglementation en vigueur concernant les permanences durant les fêtes de l’Aïd. Plusieurs commerces sont restés fermés malgré les mises en garde du ministère du Commerce. C’est le cas également dans les communes de Bir Khadem, Bir Mourad Rais ou Hussein Dey. Les citoyens se trouvaient contraints de se déplacer dans les différents quartiers et communes voisines pour s’approvisionner chez les commerçants qui ont respecté le planning de permanence. Les commerces d’alimentation générale ouverts le premier jour de l’Aïd qui se comptaient sur les doigts d’une main n’ont pas ouvert le second jour pour vaquer à leurs occupations. Même constat dans plusieurs autres communes algéroises. On a remarqué également que les commerçants ouvraient pendant une heure ou deux le matin, et une ou deux autres le soir, sans laisser leurs commerces constamment ouverts. Les boulangeries étaient fermées et celles qui ont daigné ouvrir ont eu du mal à satisfaire la demande. «J’ai dû attendre plus d’une heure devant cette boulangerie car elle est la seule ouverte en ce deuxième jour de l’aïd», a indiqué un jeune homme issu de la commune de Rais Hamidou. Les pharmaciens n’ont également pas respecté leur permanence.

Risque d’amendes

Toutefois, le ministère du Commerce n’est visiblement pas du même avis, puisque «la quasi-totalité des commerçants réquisitionnés pour assurer un approvisionnement régulier en produits alimentaires et services de large consommation durant les deux jours de l’Aïd El Fitr ont respecté le programme de permanence», a indiqué le ministre Said Djellab. Lors de sa tournée effectuée hier à Alger, le ministre du Commerce a estimé que le programme de permanence a été réussi cette année. «Plus de 99% des commerçants ont assuré la permanence durant l’aïd el Fitr à travers 13 circonscriptions administratives de la capitale durant la matinée du premier jour de la fête», a-t-il souligné. Ce taux «satisfaisant» a été atteint grâce aux «campagnes de sensibilisation, au contrôle et à la rigueur dans l’application de la loi», a-t-il dit. Selon lui, son département n’a enregistré «aucune faille» concernant l’approvisionnement en produits alimentaires durant ces deux jours. Soulignant que le nombre des commerçants réquisitionnés a augmenté cette année, il a précisé que «78% des boulangeries sont ouvertes dans le cadre de ce programme». Toutefois, les commerçants réfractaires risquent une amende allant jusqu’à
200 000 DA, selon le ministère du commerce.

Passivité

De leur côté, les associations de protection des consommateurs ont démenti les chiffres avancés par le ministère, estimant que la réalité du terrain est toute autre. «Il est vrai que le nombre des commerces réquisitionnés pour l’occasion est en hausse mais la permanence n’a pas été respectée», a-t-on assuré. «Il suffit juste de faire un tour dans les nombreuses commune de la capitale, pour s’en rendre compte. Les commerces ont baissé rideau», a-t-on déploré, avant d’ajouter : «c’est en raison de la non application de la loi que ces commerçants s’entêtent à ne pas respecter cette permanence». Dénonçant la passivité des autorités concernées, les représentants des associations de protection des consommateurs, à l’instar de Zaki Hariz et Mustapha Zebdi s’attendent à ce que la direction du Contrôle économique et de la répression des fraudes au ministère du Commerce sévisse à l’encontre des contrevenants.

Fella Hamici

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