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Pionnière de la peinture féminine algérienne: Google rend hommage à Baya

Après M’hamed Issiakhem, le plus célèbre des moteurs de recherche internet Google a ouvert sa page, hier, avec un doodle représentant un tableau de la pionnière de la peinture féminine algérienne Baya.

Quelques mois après avoir ouvert sa page avec un autoportrait d’Issiakhem, Google a rendu hommage, hier, à une des pionnières de la peinture féminine algérienne Baya avec un doodle représentant un de ses tableaux. Google a pensé à la grande artiste en publiant son tableau intitulé Deux femmes au bouquet réalisé en 1968 pour rendre hommage à l’artiste à l’occasion de l’anniversaire de Baya qui aurait eu 87, ce 12 décembre 2018. Fatma Haddad qui portera le nom de Baya Mahieddine, est née le 12 décembre 1931 à Bordj El Kiffan, à l’est d’Alger. Elle était une des plus grandes artistes peintres algériennes aux côtés de Kheïra Flidjani qui mérite également un tel hommage.

L’enfance

Baya a découvert le dessin et la peinture des son enfance. Orpheline de ses deux parents, sa grand-mère la prend en charge et se retrouve à l’aider dans son travail dans une ferme de colons à Bordj El Kiffan à l’ouest d’Alger. Au début des années 1940, Marguerite Caminat, sœur de la propriétaire, la prend chez elle à Alger pour faire le ménage. La petite Baya se retrouve dans une maison avec un beau jardin fleuri. Ne pouvant résister à la peinture, elle profite des moments libres pour dessiner les fleurs. Touchée par les contes qu’on racontait à l’époque, Baya s’en inspire et étale les belles images d’oiseaux, de feuillages, fleurs, des animaux fantastiques et des personnages dont elle rêvait. Elle remodelait également certains personnages et animaux avec de l’argile, mais la jeune fille aimait surtout les couleurs et la peinture. L’autodidacte Baya se consacre de plus en plus à l’art et ses gouaches sont appréciés par le sculpteur Jean Peyrissac qui les montre à Aimé Maeght, de passage à Alger en 1943. Ce dernier l’invite en 1947 à participer à une exposition qu’il avait organisée dans sa galerie à Paris. L’artiste-peintre est alors découverte par le critiques qui l’encouragent. Le magazine «Vogue» publie la photo de Baya, qui n’avait alors que seize ans, avec un article d’Edmonde Charles-Roux. Dans la capitale française, Baya rencontre le peintre Georges Braque. En 1949, elle réalise à Vallauris des sculptures en céramique dans l’atelier Madoura et rencontre Picasso qui l’encourage à son tour. Au début des années 1950, elle épouse le maître de la chanson arabo-andalouse El Hadj Mahfoud Mahieddine et ira habiter à Blida où elle comptait mieux s’inspirer dans la ville des roses. Comme ce fut le cas pour la chanteuse Warda El Djazairia, Baya sera contrainte à un retrait de la vie artistique durant dix longues années. Au lendemain de l’indépendance, elle participe à l’exposition «Peintres algériens» organisée pour les Fêtes du 1er novembre et elle se voit préfacée par Jean Sénac. Ses œuvres seront exposées aussi bien en Algérie qu’à l’étranger, notamment en France, en Belgique, au Japon et dans les pays arabes. Certains de ses tableaux sont exposés dans la Collection de l’art brut de Lausanne en Suisse. A travers les tableaux de Baya, on sent cette femme algérienne naïve qui ne quitte sa maison que pour exposer ses œuvres.

Le rêve

On sent son amour pour la nature, les jardins, les fleurs et les personnages des contes arabes que nous racontaient nos mères autrefois. On retrouve dans ses tableaux, des couleurs vivantes donnant vie à la nature, aux vases, aux instruments de musique et aux maisons d’autrefois. A travers les femmes qu’elle dessinait, Baya se dessinait et dessinait l’environnement dont elle a toujours rêvé. Un monde où l’on voit souvent des oiseaux et des poissons représentant le calme, la sagesse et le fond de cette femme qui souffre sans jamais se plaindre. Baya a continué à rêver jusqu’au jour où elle a rejoint le vrai paradis le 11 novembre 1998 à Blida, «la ville des roses».

Bari Stambouli

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