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Pour en finir avec 2018

A quelques encablures de 2019, on enterre 2018 et les bilans qui vont avec les différents sons de cloche. Vite fait, et sans trop se prendre le ciboulot, le bilan du salarié lambda ressemble au yoyo de son compte en banque ou CCP. Entre débits et crédits, l’avoir, plus il est gros, plus le moral est au top-niveau. A l’inverse, c’est plutôt la déprime en guise de prime de fin d’année. «Bah, pourvu qu’il y ait la santé au bout du compte», se dit le déprimé n’ayant, en fin de compte, que son unique salaire sur qui compter.
Il l’espère plus conséquent, mais c’est très compliqué et, souvent, trop éreintant vu les courbettes à faire. Il se dit alors qu’en cas de coup dur l’an prochain, la famille et les amis seront quand même là. Mais à l’évocation de «coup dur», un bémol apparaît au sujet de la famille et des amis. Et si pour la famille, ça tient, tant bien que mal, la route est sinueuse et tortueuse. Par contre, pour les amis, la rétrospective ou le bilan en parlent mieux que les comptes en banque. Des amis, on en a tous plus ou moins. Du moins, on croit en avoir jusqu’au jour où la banqueroute des illusions déverse son flot de réalités. Là, le jour et la nuit se distinguent, sans attendre l’aurore qui suit l’aube et précède le lever du soleil. Ceux qui auront forcé sur l’amabilité, ô combien hypocrite, brillent par leur silence, par leur absence, après le coup dur. Plus personne, ou presque, pour prendre de vos nouvelles, pas de visite non plus, et même le téléphone devient muet.
Faut-il en être surpris ? Pas vraiment, et ça rassure, ça réconforte au bout du compte. Et on peut dire merci à la mauvaise passe. Elle aura permis de voir s’effacer, par eux-mêmes, ceux qui, en réalité, n’étaient pas faits pour partager la franchise, les idées sincères, en bien ou en mal. Pour en finir, le «bon débarras !» est sorti dès lors de lui-même, sans rancœur ni amertume.
Maintenant, revenons à ce nouvel an qui incite aux bonnes résolutions, qui exhorte à une révolution dans les mentalités figées et rétrogrades. Et, drôle de coïncidence, c’est en changeant juste une lettre à «résolution» que ça devient «révolution». Alors, jouons sur les mots pour enterrer les maux de 2018. Dans révolution, il y a phonétiquement «rêve», un mot qui date d’Adam et Eve, et qui, pour faire rime brève, représente l’être humain, la sève de l’humanité. Dans révolution, il y a aussi «évolution», un terme utilisé sans modération par les politiciens assoiffés et les financiers affamés. En principe, l’évolution devrait être union, affiliation au bien-être de tous. Mais bon, allons de l’avant. C’est que dans «résolutions», il y a également le mot «solutions» et l’une d’elles se glisse humblement au fronton de l’an neuf, 2019. Elle se promet de mettre tous ces mots, ces jeux de mots, ces maux sans idéaux dans un gros sac, et de secouer fort, très fort, afin de réveiller les consciences. Peut-être qu’entre «résolutions» et «évolution», il en sortirait plus qu’un rêve, mais une réelle solution aux voix discordantes socioéconomiques et politiques. Avec cette solution, tout le monde sera sur le même diapason : l’harmonie en 2019, et plus loin encore. Et, si l’avenir est difficile à prévoir, les salariés et leurs comptes parient, d’ores et déjà, sur les prochains billets neufs de 500 dinars. Et pour cause, ils diront : «L’Algérie à l’ère des technologies de l’information et de la communication»…

M. N.

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