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Pour lancer le dialogue.. Le Premier ministre japonais en Iran

Tandis que le premier ministre du Japon devait se rendre en Iran, les États-Unis d’Amérique ont annoncé de nouvelles sanctions anti-iraniennes qui ont frappé pour la première fois le secteur de la pétrochimie.

S’il est vrai que ces sanctions, d’après de nombreux experts du secteur, sont loin d’être aussi efficaces que les Américains le croient, il n’en reste pas moins que ce geste avait pour l’objectif de jeter de l’ombre sur la médiation japonaise. À Téhéran, on s’intéresse peu à l’affaire de médiation. Le porte-parole de la diplomatie iranienne a affirmé que «l’Iran n’avait nullement besoin de médiateur» car «il n’a pas besoin de dialoguer avec une Amérique qui viole systématiquement le droit international». Et puis le dialogue n’a pas de sens quant l’une des deux parties se croit au dessus de la loi. Le Premier ministre japonais a toutefois émis l’espoir que cette rencontre avec les autorités iraniennes puisse contribue à apaiser les tensions, sans aller jusqu’à réduire sa visite à ce seul aspect, d’après la télévision iranienne.
Le premier ministre japonais, dont la visite en Iran marque la première d’un Premier ministre japonais depuis 40 ans, envisage surtout de mettre à profit l’occasion de cette visite pour booster les «relations amicales et traditionnelles Téhéran-Tokyo», d’après la télévision iranienne. La troisième économie mondiale, largement dépendante du pétrole iranien, n’a jamais rompu ses relations commerciales avec l’Iran même au plus fort des sanctions anti-iraniennes et n’a jamais adhéré au régime de sanctions anti-Iran. C’est un comportement que les Iraniens apprécient beaucoup, d’après la télévision iranienne. Même depuis le refus US de proroger les dérogations aux sanctions visant l’Iran, Tokyo continue à faire ses achats et négocie une issue. C’est sans doute pour cette même politique que le Premier ministre Abe, attendu aujourd’hui à Téhéran, sera reçu en audience par le Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Khamenei. Les médias occidentaux définissent une mission de déconfliction pour le premier ministre japonais qui ne semble pas correspondre à la réalité : d’après cette hypothèse, Abe aura pour mission de dégager une désescalade des tensions entre Téhéran et Washington, en prélude à un dialogue direct. Cette hypothèse est fort peu probable surtout après la dernière sanction US visant 33 sociétés iraniennes actives dans le secteur de la pétrochimie, d’après la télévision iranienne. Pour le reste, Abe a de larges bénéfices à tirer de cette visite : outre le renforcement des relations réciproques, le PM japonais compte marquer des points à l’international alors que l’opinion nippon lui reproche ses déboires dans le dossier nord coréen. Washington a quitté l’accord conclu avec l’Iran. La décision a été dénoncée par la communauté mondiale, dont les pays occidentaux. Téhéran a conditionné le dialogue avec Washington par le respect à l’Iran. Le président américain mène une politique hostile à l’Iran, en coopération avec certains pays, dont l’Arabie saoudite.
Mounir Abi

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