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Pour renforcer la sécurité alimentaire: La FAO recommande des variétés locales

La préservation de la biodiversité locale et des pratiques traditionnelles est fondamentale pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle, a indiqué l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur son site web. «La biodiversité peut paraître complexe, mais c’est un concept assez simple. L’existence de nombreux types différents de plantes et d’animaux rend le monde plus sain et plus productif», a précisé la FAO.
Cette agence onusienne a expliqué que la diversité du matériel génétique, des espèces et des habitats permet aux écosystèmes terrestres de relever des défis tels que la croissance démographique et le changement climatique. «La biodiversité nous est essentielle car elle est cruciale pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle et donc pour la santé humaine», a-t-elle souligné. Au fil des années, les difficultés d’accès à la terre et aux ressources naturelles, la dégradation de l’environnement, le changement climatique, la mondialisation, l’urbanisation et l’homogénéisation de la production agricole (lorsque les cultures à haut rendement et les monocultures prennent la place de la biodiversité) ont eu pour effets de modifier les régimes alimentaires et les modes de vie. En un siècle, près des trois quarts de la diversité génétique que contenaient jadis les cultures agricoles ont disparu, et ce changement a eu une incidence spectaculaire sur le rôle des aliments traditionnels dans la société. Dans de nombreuses communautés, la diminution de l’offre de divers aliments locaux et l’augmentation des aliments industriels ont conduit à s’écarter des denrées traditionnelles au profit de plats tout prêts que l’on trouve dans le commerce.
Cette tendance a eu des effets délétères sur la santé, comme l’obésité, le diabète, les maladies cardio-vasculaires, l’élévation de la pression artérielle et d’autres troubles liés à l’alimentation. «Il est crucial de comprendre et de maintenir les liens essentiels entre les peuples et leurs cultures, la biodiversité, les moyens d’existence traditionnels et les systèmes de connaissance, si l’on veut parvenir à une sécurité alimentaire et nutritionnelle durable», a résumé la FAO.
Elle a avancé que «même si de nombreuses pratiques alimentaires traditionnelles se sont perdues, nous avons encore la possibilité de rétablir et de renforcer les systèmes alimentaires locaux, de façon à pouvoir exploiter les connaissances et les pratiques anciennes pour préserver la biodiversité au profit des générations présentes et futures. Au Burkina Faso et dans tout le Sahel ouest-africain, les femmes rurales cueillent avec précaution les fruits, les feuilles et les racines de plantes indigènes comme le baobab, les feuilles d’oseille rouge, les feuilles de kapok et les tubercules de souchet pour préparer les repas familiaux. Ces plantes sont des compléments importants à leur régime alimentaire constitué de céréales comme le mil et le sorgho, qui ne représentent qu’une partie du spectre nutritionnel. A ce jour, plus de 800 espèces de plantes sauvages comestibles ont été répertoriées au Sahel.
Les connaissances locales sur la biodiversité alimentaire, dont font preuve les cueilleuses du Burkina Faso, renseignent parfois sur les dynamiques de genre. Les hommes et les femmes peuvent avoir la responsabilité de cultures ou de variétés de plantes cultivées différentes, ou être chargés de tâches différentes liées à une culture. Les femmes ont souvent des connaissances détaillées et des préférences concernant certaines cultures, ainsi qu’un rôle central dans la sélection et la conservation des semences et l’utilisation de plantes sauvages à des fins alimentaires.
Elles sont également souvent chargées de cultures alimentaires mineures destinées à la consommation du ménage, ou utilisées pour des rituels et pour leurs propriétés médicinales, alors que les hommes tendent à se réserver la responsabilité des cultures commerciales. L’expansion des entreprises commerciales gérées par des hommes pourrait se faire au détriment des cultures dont s’occupent les femmes, ce qui aurait pour effet de réduire les disponibilités de plantes locales utilisées à des fins alimentaires et médicinales.
Ce changement pourrait marquer un déclin de l’état nutritionnel, une réduction de la diversité des plantes locales et de la stabilité globale de l’environnement. Il est donc nécessaire de prendre en considération ces deux dimensions de l’agriculture si on aspire à un avenir durable. L’une des questions les plus importantes est de trouver le moyen d’accroître la production alimentaire pour subvenir aux besoins des générations actuelles et futures tout en améliorant la biodiversité et en réduisant les pressions sur l’environnement.

A. Mohamed

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