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Prés de 1 000 personnes arrétées: La colère gronde toujours en Tunisie

En Tunisie, les arrestations après les troubles sociaux continuent. 930 personnes ont été arrêtées. De nombreuses autres sont recherchées.

Hier, Les unités d’investigation et de recherche relevant de la direction de la sûreté ont réussi à arrêter en une seule journée lors d’une nouvelle campagne sécuritaire sur l’ensemble du territoire, 447 individus faisant l’objet d’un avis de recherche. La campagne a également permis de saisir 14 voitures recherchées , a indiqué un communiqué publié mardi par le ministère de l’Intérieur dans un communiqué, précisant que 203 motos et six autres moyens de transport ont été confisqués, ecrit le média tunisien Tunisienumérique. Lors des troubles sociaux en Tunisie, alimentés par le chômage, la corruption et des mesures d’austérité dans le budget 2018, a indiqué le ministère de l’Intérieur lundi 15 janvier. Le mouvement de contestation sociale a démarré début janvier par des manifestations sporadiques dans plusieurs villes avant de dégénérer en émeutes nocturnes le 8 janvier. Ce soir-là, un protestataire est mort dans des circonstances peu claires, à Tebourba, à l’ouest de Tunis. Depuis le 11 janvier, seules quelques protestations mineures ont lieu dans certains secteurs. 937 personnes sont arrétées pour des actes de violence, vol ou vandalisme, a précisé le porte-parole du ministère, Khlifa Chibani, à l’Agence France-Presse, AFP. Dimanche, 41 jeunes âgés de 13 à 19 ans ont été interpellés, a-t-il ajouté. Le mouvement de contestation a été déclenché par l’adoption d’un budget 2018 qui a augmenté les impôts et créé des taxes réduisant un pouvoir d’achat déjà éprouvé par une importante inflation. Dans la nuit de dimanche à lundi, des incidents mineurs ont eu lieu dans la banlieue de Tunis, notamment dans les quartiers populaires de Daouar Hicher et Kram, où des jeunes ont incendié des pneus, selon des médias locaux. Durant la semaine écoulée, 105 membres des forces de l’ordre ont été blessés dans des heurts lors desquels les protestataires, souvent très jeunes, ont jeté des pierres ou des cocktails Molotov sur les forces de l’ordre qui ont tiré des gaz lacrymogènes, a poursuivi le porte-parole. Les troubles sociaux continuent. Dans la nuit de dimanche à lundi, de nouveaux heurts ont éclaté entre manifestants et la police. Routes barrées, pneus brûlés dans au moins trois quartiers de la banlieue et parmi eux, Douar Hicher, un quartier défavorisé à 15 kilomètres de Tunis. En milieu d’après-midi ce lundi, il n’y a plus de traces de ces échauffourées de la veille. Les magasins ont rouvert, les voitures circulent, mais chez les jeunes de ce quartier populaire, à 15 kilomètres de Tunis, rien n’est réglé. La Tunisie est confrontée à des difficultés financiéres, désaccord politique et terrorisme. Nombre d’attentats ont été perpetrés contre les militaires, civils, opposants et touristes, par Daech. Le président tunisien a accusé la presse occidentale d’avoir attisé le feu des troubles sociaux. Ceux-ci ont lieu contre la loi de finances 2018 et coincident avec la commémoration du départ en exil de l’ex-président Ben Ali le 15 janvier 2011, en Arabie saoudite.

La France toujours menacée par Daech

Dans une interview pour Libération, la ministre des Armées, Florence Parly, redoute la volonté des djihadistes français, actuellement en Irak et en Syrie, de «poursuivre le combat en France». Elle conseille donc qu’ils soient jugés sur place. Interviewée par Libération le 15 janvier, la ministre des Armées, Florence Parly, a maintenu la position gouvernementale concernant le sort des djihadistes français actuellement détenus en Irak et en Syrie, évoquant leur dangerosité en cas de retour sur le territoire français. Elle a ainsi assuré que «beaucoup de ces personnes détenues sur ces théâtres continu[aient] d’affirmer leur volonté de rentrer pour poursuivre le combat en France». Une crainte qui l’amène à approuver la volonté, déjà affichée par l’Irak par le passé, de juger ces combattants sur place : «Le souhait légitime des autorités locales de juger les crimes commis sur leur territoire ne saurait être négligé», a-t-elle ainsi poursuivi. Le représentant en France du Kurdistan syrien, Khaled Issa, avait en outre déclaré à 20 minutes que les Kurdes disposaient «d’institutions compétentes respectant les normes du droit international». Pour Florence Parly qui confirme les chiffres du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian en décembre, il y aurait au Levant 500 à 600 djihadistes français. Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait déjà assuré le 4 janvier sur RMC que les djihadistes français arrêtés en Syrie par les Kurdes «ser[aient] jugés là-bas» tout en posant néanmoins une condition : un procès équitable devra être assuré. Les avocats des djihadistes concernés avaient estimé qu’il incombait à l’Etat français de les rapatrier pour les juger en France. En novembre, le président Emmanuel Macron, interrogé sur France 2, avait de son côté évoqué une politique de rapatriement «au cas par cas» : «Les échanges sont permanents avec la justice irakienne. Pour les femmes et les enfants, ce sera du cas par cas, en fonction des situations. Lorsqu’ils reviennent en France, les adultes sont soumis à la justice française, sont incarcérés, seront jugés […] et pour ce qui est des enfants, ils font l’objet d’ores et déjà d’une procédure toute particulière et d’un suivi très particulier sur le plan médical et psychiatrique», avait-il assuré.

Mounir Abi

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