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Présentation du projet de loi sur la santé à l’APN: Les réserves de l’opposition

Le très controversé projet de loi sur la santé a été présenté hier à l’APN par le ministre de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui.

Critiqué par les syndicats du secteur, ce projet n’a pas eu les faveurs des députés des partis de l’opposition et de certains parlementaires représentants des partis de la coalition présidentielle qui ont ausculté un système de santé malade. Des députés du Parti des travailleurs (PT) ont même improvisé une petite manifestation dans le hall de l’Assemblée, arborant des pancartes où sont inscrits des mots dénonçant le projet du gouvernement. «M. le président de la République. Retrait du projet de loi», «Remise en cause de la continuité de la République», «Droit à la santé, un droit fondamental» sont autant de slogans qu’on pouvait lire sur ces pancartes. Devant les journalistes, Ramtane Taazibt a qualifié le projet présenté par le ministre de «projet régressif» qui «remet en cause la gratuité des soins». «Ce projet trace la voie à la privatisation du secteur de la santé. Le secteur public ne doit pas être mis sur le même pied d’égalité avec le secteur privé. Ce que prévoit le projet de loi santé, c’est le démantèlement du secteur public par un désengagement clair de l’Etat qui financera de moins en moins le public et de plus en plus le privé», a-t-il lancé. Sur sa lancée, ce député a appelé le chef de l’Etat à retirer ce projet «de la discorde». Dans son intervention dans le cadre des débats, Lakhdar Benkhelaf, député islamiste du Front pour la justice et le développement (FJD), a pointé de doigt un projet qui «transforme le secteur de la santé d’un service public en marchandise». «Malgré le fait que 10 ministres se sont relayés sur le secteur, dont certains avaient déclaré que nous sommes mieux que les USA en matière de santé, le secteur est devenu source de maladie et de la mort et non un lieu de soins», a-t-il regretté. Il a affirmé que le secteur de la santé est malade en l’absence d’une véritable prise en charge des patients. «Ce projet est l’acte de décès du secteur public et il va aggraver son pourrissement», a-t-il soutenu, appelant à son retrait pur et simple. Le projet est critiqué également par des députés de la coalition présidentielle, à l’instar de Chikh Barbara, chef du groupe parlementaire du Mouvement populaire algérien (MPA) de Amara Benyounès. «Nous pensons que ce n’est pas le moment pour la présentation de ce projet de loi. Il faut revoir l’appellation du département de la Santé (ministère de la Santé et de la réforme hospitalière)», a-t-il déclaré en marge des débats. Il appelle à faire le bilan de cette réforme engagée depuis plusieurs années, s’interrogeant «à quand la réforme». Pour sa part, Driss Abderahmane, député FLN, dresse un constat déplorable de la situation du secteur de la santé en Algérie. «Il faut dire la vérité. Actuellement, il y a beaucoup de points négatifs et d’insuffisances dans le secteur de la santé. Ce projet y apporte certaines solutions», a-t-il déclaré. Cependant, ce parlementaire estime que le projet de loi proposé par le gouvernement est susceptible d’apporter des réponses et des solutions aux problèmes posés. Contrairement aux accusations de l’opposition, le ministre de la Santé a affirmé que son projet consacre la gratuité des soins. Dans l’exposé des motifs de ce projet de loi, on a mis l’accent sur «la gratuité des soins qui constitue un acquis essentiel, préservé, réaffirmé et mis en œuvre à tous les niveaux, l’universalité et l’égalité d’accès aux soins et la solidarité, l’équité et la continuité du service public de santé». L’Algérie a consacré le droit à la santé en tant que droit fondamental de l’homme dans la Constitution, qui énonce clairement l’obligation pour l’Etat de garantir à tous les citoyens le droit à la protection de leur santé et d’assurer la prévention et la lutte contre les maladies épidémiques et endémiques, en plus de ses obligations inhérentes à la protection de la famille, ajoute-t-on dans le texte. Il est expliqué que le projet de loi vise à réformer et moderniser le système national de santé, en tenant compte des «profondes mutations» ayant touché l’ensemble des activités de la vie politique, économique et sociale du pays.

Karim Aimeur

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