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Presse indépendante, dites-vous ?

Me Ali Yahia Abdennour disait un jour : «Quand je défends les droits de l’Homme, je prends les couleurs de l’arc-en-ciel. C’est-à-dire défendre un prévenu quel que soit son obédience politique, son statut social et son appartenance religieuse». Une denrée rare de nos temps, chez les partis et la presse nationale. A ce titre, l’arrestation de M. Ali Haddad, P-dg de l’ETRHB et ancien membre du FCE, a été littéralement passée sous silence. Ni le principe de la présomption d’innocence, et encore moins le droit à l’information, ne figurent dans le «menu» des confrères, plus prompts à faire feu de tout bois, comme faire scoop de toute rumeur. C’est alors l’acharnement qui prend le pas sur la retenue et le professionnalisme. D’ailleurs, les rumeurs se suivent et se ressemblent. Comment annoncer l’arrestation d’un homme public comme M. Haddad, tout en feignant d’ignorer les conditions dans lesquelles elle s’est déroulée ? Au point où l’ex-président du FCE a même été privé de contacter sa famille.
Le deuxième «épisode», c’est celui prêtant des propos malveillants à M. Haddad qui, d’après un confrère, aurait dit à la Gendarmerie nationale : «Je vais les dénoncer tous», allusion à des personnalités ou patrons impliqués dans des affaires. Des allégations démenties de Me Khaled Bourayou, avocat d’Ali Haddad. Cependant, mus par leur esprit sélectif, les mêmes organes de presse – à l’exception de TSA – n’ont même pas jugé utile de publier l’information. A quel titre se permet-on, en ces merveilleux moments de révolte populaire, de priver le lecteur d’un droit consacré dans la loi fondamentale et dans tous les textes législatifs régissant la corporation ? Comment peut-on se permettre de publier des informations erronées sur M. Haddad, alors que c’est à la justice qu’échoit ce rôle. En temps réel, de telles allégations sont synonymes de diffamations, donc passibles de tribunaux.
De grâce donc, que chacun de nous fasse en sorte que la mission d’informer soit réellement un quatrième pouvoir, pas un outil de propagande, entre les mains de ceux qui ont l’habitude de nager en eaux troubles.
A. L.

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