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Pris à témoin…

Ah, la politique, le pouvoir et l’argent. Jeu de massacre, toujours renouvelé… Il charrie, ces temps-ci, un lot de révélations, de scandales, de non-dits et de confidences, selon des sources «bien informées». Tel un paysan enfumant ses champs, la mauvaise foi mime la compassion, la colère parfois. Et on est pris à témoin… Ce jeu de massacre, rompu aux intrigues, alimente les réseaux sociaux, la rue, les salons feutrés et les cafés du commerce. Tout passe à la moulinette. Armée, DGSN, douanes, hauts fonctionnaires, élus de tous bords en prennent pour leur grade et leurs biens mal acquis. Bref, ça n’est pas un sport de tout repos. La corruption et les deniers publics y sont, bien sûr, les maîtres-mots, et c’est la virulence des propos qui s’inscrit en lettres de feu sur la morale. Une histoire ancienne, serions-nous tentés de dire, après les affaires scabreuses du «Golden boy» Abdelmoumen Khalifa et consorts. Pourtant, sans esprit malveillant, il faut dire que ça secoue sous les cocotiers. Une vague houleuse et punitive menace ceux qui auront squatté impunément les sommets de la suffisance. Ces sommets, ils les redescendent, petit à petit, normalement, sans faire de bruit ! Sans citer personne, il en est qui provoquent honte et désolation chez le citoyen lambda. Leur cynisme, leur mépris de la morale, ont longtemps été leur apanage d’hommes du pouvoir de l’argent. Ils semblaient nantis d’un «ADN» à lisser les consciences, à inspirer confiance, ce qui, en politique ou en affaires, est un atout de taille. Familiers des propos grandiloquents, c’est la main sur le cœur et le cynisme chevillé au corps qu’ils auront semé le leurre, la tromperie sur la marchandise patriotique. Et aujourd’hui que le miroir aux ambitions s’éteint, seraient-ils tentés par on ne sait quel espoir éternel ? Sans être source bien informée, il y a tout de même des signes qui illustrent la fin d’une époque. Une époque qui aura été anachronique, abjecte, et qui, pas révolue, aurait pris les chemins de l’injustice, alors que le pays se débat dans les crises financières de toutes sortes.
La visite de la chancelière allemande, la mère Merkel, en Algérie, illustre bien la perspective d’un partenariat bilatéral économique et commercial à rebooster. La période à venir ne saurait s’encombrer de rapines décadentes, de corruptions avilissantes et de bouffeurs à tous les râteliers. Nos querelles intestines, nos paresses intellectuelles et nos différents couacs économiques sont scrutés par les banques du monde en général, et de l’Occident en particulier. Cette loupe leur permet de contrôler pratiquement tous les leviers d’investissement que se partage une mini-nomenclature de pays développés, comme l’Allemagne et sa Deutch Bank. Chez eux, instruits par la finance, c’est le «toujours plus» qui prévaut. Plus de voitures, plus d’avions, de navires, de recherches scientifiques et d’investissements productifs… Rares sont chez eux les non-dits, les révélations et les scandales sous le sceau de «sources bien informées». Là-bas, les évasions fiscales, la corruption et les tutti quanti d’addictions à l’argent sale s’étalent sans jeu de massacre ! Quand il y en a, et il y en partout dans le monde dit civilisé, c’est de notoriété publique, et la justice s’en mêle, forcément…
Aussi, ne nous laissons pas berner par ce jeu de massacre tapageur. Il est nocif, nuisible à la dignité de tout citoyen ayant confiance en l’avenir du pays. Cette confiance réside entre la croyance, qui est irrationnelle, et le savoir routinier du «je crois savoir…». Celui qui le lit croit à moitié, car il doit faire des recoupements, se faire une idée. Mais il lui faut la confiance, en les uns ou en les autres, pour croire vraiment en l’avenir. Finalement, la confiance est un code, on l’accepte, on le partage, et tout devient plus simple.

M. N.

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