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Projection du documentaire «Sur les traces des camps de regroupement»: Des vérités sur les atrocités du colonialisme français

Le documentaire «Sur les traces des camps de regroupement», réalisé par Saïd Oulmi, a été présenté en avant-première dans la soirée de lundi à la salle Ibn Khaldoun à Alger.

Le réalisateur a, comme à son habitude, réussi le pari de réaliser une œuvre digne de ce nom. Le documentaire plonge dans des épisodes des plus sombres du colonialisme français en Algérie. Une page que peu d’Algériens n’ayant pas vécu cette époque connaissent. Durant les premières années de la guerre d’indépendance, l’armée française voulait couper les moudjahidine de la société, source de soutien indéfectible à la révolution. Pour ce faire, pas moins de trois millions d’Algériens ont été chassés de leurs terres et mis dans des camps de concentration répartis à travers tout le territoire algérien, dépourvus de toute condition de vie humaine. Ces algériens sont affamés, leur quotidien est marqué de viols, de tortures et d’humiliations.

Des témoignages vivants

Said Oulmi a porté cette histoire au grand écran de la plus belle manière. Un travail minutieux qui s’est appuyé sur des témoignages vivants d’acteurs de cette période, des témoins encore vivants des deux parties, des historiens et autres spécialistes, mais aussi d’archives écrites et filmées durant cette période.
L’on pourra voir des témoignages de grandes personnalités connues, tels Redha Malek, Jacques Vergès, Benjamin Stora, Michel Cornaton, ou encore Mustapha Khiati. Le documentaire foisonne également de témoignages de citoyens algériens ayant vécu cette tragédie dans leur propre chair, ainsi que des militaires français, notamment des appelés. Ces derniers sont pour la majorité envoyés en Algérie contre leur propre gré. Le film met en évidence également le rapport de dénonciation réalisé par Michel Rocard à cette époque-là, et qui a soulevé un élan de dénonciation de la société française.
Un zoom sur le travail remarquable de Marc Granger, militaire envoyé faire son service national comme photographe. Celui-ci a pris quelque 20 000 photos de femmes algériennes, têtes dévoilées afin de leur établir des cartes d’identité. La caméra de Oulmi a accompagné le photographe lors de son retour, pour la première fois depuis l’indépendance à Bouira.
Dans un village reculé, il rencontre quatre de ces femmes, seules à rester vivantes de cette série de photos. Le documentaire de 74 minutes est rempli de scènes pleines de fortes émotions. A noter que ce film documentaire est produit par le ministère de la Culture dans le cadre du cinquantième anniversaire de l’Indépendance du pays. C’est un travail «de longue haleine qui a nécessité cinq longue années de travail, sans cesse», témoigne Saïd Oulmi. Lors du débat qui a suivi la projection, un nombre d’intervenants, notamment des historiens, a incité les autorités présentes, parmi elles le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, a diffusé et projeté ce documentaire sur une large échelle, de manière à ce que tout monde puisse connaître ce terrible épisode de l’histoire récente de l’Algérie.

Arezki Ibersiene

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