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Projet de loi de finances 2018: Les critiques du FFS

Au Conseil de la nation où le projet de la loi de finances pour 2018 a été présenté, hier, par le ministre des Finances, la majorité des intervenants, issus du tiers présidentiel et des deux partis du pouvoir, le FLN et le RND, ont salué les mesures du gouvernement. Le sénateur du FFS, Moussa Tamadartaza, est parmi les rares voix discordantes au sein de cette Assemblée.

Dans son intervention, il a indiqué que le projet a été élaboré dans un contexte de crise, marquée par les difficultés de la dynamique économique en l’absence d’une vision d’avenir claire. Il a pointé du doigt la dégradation des grands équilibres macroéconomiques à cause de la «gestion unilatérale, centrale et administrative».
Il a mis en exergue les proportions alarmantes prises par le marché informel qui reflète «le dysfonctionnement du système commercial et l’existence de réseaux de détournement de la masse monétaire», et traduit
«l’échec de l’encadrement du système financier et fiscal de l’activité économique». «Le secteur non productif a pris la place du secteur productif et le secteur parallèle menace la sécurité de l’Etat et affaiblit ses structures et les paralyse, faisant d’elles des structures étatiques incapables de punir les contraventions», a-t-il dit.
M. Tamadartaza a critiqué le recours au financement non conventionnel pour financer le Trésor public et rembourser les dettes internes, en s’interrogeant pourquoi le Fond national d’investissement n’a pas été activé dans le sillage de la crise financière, considérant que la mesure de la planche à billet consacre la poursuite de l’économie de la rente. «A travers notre lecture du projet de loi de finances pour 2018, nous déduisons que le gouvernement veut éviter les changements douloureux et la thérapie de choc afin que le pays ne soit pas exposé aux troubles sociaux et politiques et à des situations incontrôlables», a-t-il relevé. Le sénateur du FFS relève également des contradictions entre le Plan d’action du gouvernement et le projet de loi de finances 2018. A propos des transferts sociaux, en hausse de 8% par rapport à 2017, M. Tamadartaza s’interroge si cette hausse vise à consolider l’Etat social comme voulu par la proclamation du 1e Novembre 1954 ou plutôt à acheter la paix sociale ? Il observe que les subventions profitent beaucoup plus aux riches et contrebandiers au niveau des frontières qu’aux pauvres. Selon lui, le fait de consacrer 400 milliards de dinars pour rembourser les dettes de l’Etat envers les entreprises nationales et étrangères exprime la faiblesse des prévisions en matière de gestion de l’investissement.
«Il est temps de situer les responsabilités et de demander des comptes à ceux qui ont produit cette situation», a-t-il clamé, estimant que le projet de loi de finances ne changera rien à l’équation et ne mettra pas le pays à l’abri des dangers qui le guettent. L’intervenant a expliqué que tout plan d’action et toute démarche de développement économique visant à sortir de la crise ne peut être efficace si des conditions politiques préalables ne sont pas réunies.
Il a plaidé dans ce sens pour la construction d’un consensus entre les acteurs économiques, politiques et sociaux, soulignant que la crise économique actuelle n’est que le résultat d’une crise de gouvernance.

Karim Aimeur

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