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Pyramides d’Algérie de Mohamed Balhi: Un beau livre d’histoire

Après Les moines de Tibhirine (2002), Zaatcha 1849 : l’insurrection des Ziban (2015), Les Phares d’Algérie (2016), Mohamed Balhi, journaliste, auteur et grand passionné d’histoire, nous invite à découvrir son nouvel ouvrage Les Pyramides d’Algérie paru récemment aux éditions Anep.

Ce beau livre réalisé avec le photographe Nacer Ouadahi a été présenté dans l’après midi de mardi dernier à la librairie Chaib Dzair de l’Anep à Alger. Devant un public recueilli et attentif, Mohamed Balhi a d’emblée expliqué que ce qui l’a poussé à réaliser cet ouvrage, c’est de dire aux Algériens et au monde que l’Algérie est riche en histoire et en vestiges. D’où, l’utilité de ce beau livre qui propose à un large public, une vue d’ensemble, par la photo et le texte, sur les monuments funéraires numides, situés dans un vaste territoire de l’Algérie et qui restituent ainsi une dimension un peu inconnue de notre patrimoine architectural et culturel algérien. En revenant sur l’histoire de ces pyramides qui remontent pour les plus anciennes, au III siècle avant JC, le conférencier s’est étalé sur la dimension historique et l’influence civilisationnelle qui ont engendré la construction de ces pyramides. «À côté des gravures rupestres du Tassili N’Ajjer au sud de l’Algérie, qui ont plus de cinq mille ans d’histoire et plus de profondeur que les pyramides d’Egypte qui ont quatre mille ans d’histoire, des chercheurs ont trouvé des tombeaux à enclos, sorte de petit cercle monté de pierres. On est alors ici dans les pratiques funéraires les plus anciennes car ces petits tombeaux à enclos sont un peu les ancêtres des mausolées. Et lorsqu’on avance dans l’histoire, on découvre alors d’autres pratiques funéraires propres aux pyramides d’Égypte…» indique Mohamed Balhi. L’orateur dira aussi qu’il y’a eu quelques chercheurs, archéologues et historiens qui se sont penchés sur l’histoire des pyramides d’Algérie mais qui ont pour certaines, dont Gabriel Camps, refusé de donner le nom de pyramides à ces monuments funéraires à cause entre autres des appellations locales de ces monuments et de leur architecture. « Les pyramides des Djedars en nombre de 13 (à Frenda à Tiaret), sont appelé Bazinas… Le tombeau royal maurétanien (à Tipaza) est aussi appelé à tord, selon l’appellation autochtone, Tombeau de la chrétienne. Ici, ce titre est faux car à l’époque, on disait «Qber Erroumia» pour dire le tombeau de la romaine et non de la chrétienne…», dira Mohamed Balhi. Et de renchérir cela dit, les plus grandes difficultés éprouvées par les archéologues et les historiens depuis les premières fouilles effectuées en Algérie, étaient de cerner les noms des monarques et dynasties pour lesquels ces monuments funéraires ont été érigés. Malgré toutes les expertises, théories et approximation, des zones d’ombre subsistent…Massinissa a-t-il bien été enterré au Khroub (Constantine) dans le mausolée qui porte son nom ? Par qui et pour qui a été construit le mausolée royal de Maurétanie ? Que représentent les Djedars ? La certitude est que ces monuments funéraires numides, d’époque tardive, de par leur architecture, ont une touche locale et ils en imposent, ils sont le bien de tous et font partie du patrimoine de l’humanité classé par l’Unesco a t-il souligné.

Enigmes historiques…

Par ailleurs, Mohamed Balhi dira que ce qui est aussi bouleversant, c’est que tous ces monuments funéraires, sont entourés de mythes fondateurs. «À l’instar du mausolée de la reine berbère Tin Hinan à Tamanrasset. Alors qu’aujourd’hui, des scientifiques se posent réellement des interrogations sur le squelette trouvé à l’intérieur du mausolée… Dans ce cas là, allez dire à un targui que ce n’est pas le mausolée de Tin Hinan ! Celui du roi berbère Syphax à Sig dans l’ouest algérien est aussi à confirmer. Et, bien qu’il appartienne à la grande histoire, ce personnage reste inconnu en Algérie…» s’est -il interrogé. En outre, l’auteur dira aussi que les numides n’étaient pas des barbares mais qu’ils avaient leur propre culture au contact des civilisations punique et grecque. Seulement, le but de la construction des mausolées funéraires est resté une énigme (pour qui? et par qui).

Sara Boualem

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