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Quand le don prime sur le handicap.. Ces artistes très doués

Quand on veut on peut. Si parmi les handicapés, il en est qui ont prouvé par leur volonté qu’ils peuvent faire es merveilles, des artistes ont depuis longtemps montré que le sixième sens existe.

Le sixième sens et la volonté peuvent mettre au devant de la scène un travailleur et surtout un artiste. Si, souvent, un handicap peut décourager un artiste, il peut, au contraire l’encourager à plus d’effort pour percer et réussir. Depuis la nuit des temps, il y a eu des handicapés qui, par leur volonté, ont réussi dans leur domaine notamment culturel ou artistique et laissé leurs œuvres à l’éternité. Quelques siècles avant Jésus Christ, le père du théâtre et de la poésie Homère qui aurait été aveugle avait écrit l’Illyade et l’Odyssée, deux œuvres qu’on prend comme exemple à ce jour.

Le tremplin
Même si personne ne peut confirmer qu’Homère était aveugle, le fait qu’on a vu des non-voyants nous offrir les meilleurs créations littéraires tels que Taha Hussein nous rappelle que le handicap peut devenir un tremplin pour nous lancer au sommet. Les cas des chanteurs et musiciens ayant prouvé leurs dons sont nombreux. Pour la musique universelle, le cas de Beethoven qui fut atteint de surdité des l’âge de 28 ans et a continué à créer les plus belles symphonies et les présenter devant le public même avec une surdité totale, a marqué l’histoire de l’art. Chez nous, au début du siècle dernier, la pianiste Tinine qui avait fait partie de l’orchestre de Mâlma Yamna, passait tous les soirs au café dit Tbernet Ellouh à Alger où elle emerveillait le public par ses morceaux de musique. On dit aussi que cette virtuose du piano appelée Titine El âmia (car elle était non-voyante) jouait aussi d’autres instruments dont la Kouitra. Après Titine, l’Oranaise Reinette Daoud, dite Soltana, avait également prouvé que le fait de ne pas voir la lumière ne dérange pas, en devenant elle-même une lumière. Reinette a laissé des dizaines d’enregistrements et plusieurs de nos chanteuses n’hésitent pas à l’imiter ou à reprendre certains de ses succès.

Le 6e sens
Le grand guitariste algérien de tous les temps, le virtuose Moh Sghir Laâma de son vrai nom Mohamed Aouali s’était démarqué en ayant sa propre façon de tenir la guitare. Moh Sghir qui faisait partie de l’orchestre de la RTA avait accompagné les plus grands chanteurs algériens d’andalou et de chaâbi. Cet ancien habitant de Bouzaréah, ce haut village qui veille sur Alger et qui a vu naître et vivre de grands artistes, avait un autre don, celui de reconnaître les personnes en leur tâtant l’oreille. Une dizaine d’années après sa mort, les Chinois avaient découvert que le lobe des oreilles est unique pour chaque être humain, c’est-à-dire comme les empreintes digitales. La chanteuse Saliha s’était également démarquée par sa belle et puissante voix. D’ailleurs, cette chanteuse qui se faisait accompagner par son jeune frère Mohamed Nadjib devenu lui aussi un brillant chanteur nous a laissé «Yadou El Ilah», un des plus beaux chants nationaux. Selon plusieurs témoignages, Saliha avait le don de reconnaître les couleurs en les touchant de sa main.
Suivant la voie de Saliha et la voix de Reinette Daoud, Naïma Dzirya qui est passée par l’émission El Hane oua Chabab est devenue dans les années 1980 et à ce jour, parmi les chanteuses de hawzi et algérois les plus demandées. Pour rappel, l’émission El Hane oua Chabab, dans sa première version, était animée par la grande Dame de la chanson Seloua et le chef d’orchestre. le regretté Moatti Bachir. Les jeunes candidats recevaient directement les conseils de ces deux grands artistes. Moatti Bachir qui avait perdu la vue dès son jeune âge, était à la fois un chanteur ayant enregistré plusieurs disques 45 tours, chef d’orchestre, compositeur et un des plus grands virtuoses du ôud (luth). Saâdeddine El Andaloussi est également de ceux qui ont défié leur handicap puisque bien que privé de la vue, il a aujourd’hui gagné une place parmi les chanteurs d’andalou et de hawzi les plus écoutés.

Le musicien de la place Audin
La chanson kabyle a également vu comment Brahim Tayeb a défié ce handicap en devenant parmi les plus grands chanteurs de son style. Brahim Tayeb est également un virtuose de la guitare et du luth. Sihem Stiti qui a une très belle voix, s’est également imposée dans le monde de la chanson kabyle malgré son handicap. Si ces artistes ont eu la chance d’enregistrer, de passer à la télévision et donner des concerts, d’autres ont malheureusement passé leur vie à montrer leur don uniquement à leur entourage le plus proche. C’est le cas du musicien Amghar Boubker qui, durant des décennies, animait le tunnel des Facultés de la place Audin, à Alger, en jouant au Banjo. Le tout Alger connaissait ce musicien, mais rares sont ceux qui connaissait son nom. Privé de la vue depuis l’épidémie de typhus de 1945, ce musicien qui avait décidé de s’exprimer en plein public aurait passé plusieurs années en prison durant la guerre de Libération.

Ray Charles, le génie
Comme en Algérie, au niveau mondial, des chanteurs et musiciens aveugles sont sortis du lot pour rester au sommet durant des décennies. Qui parmi nous, ne connaît pas le chanteur et virtuose du piano Ray Charles ? Cet artiste qui aurait chanté à La Madrague (El Djamila) à Alger dans les années 1960, oubliait son handicap dès qu’il s’agissait de musique. Dans un documentaire qui lui avait été consacré, on le voyait comment il se déplaçait tout seul dans les couloirs de son bâtiment de cinq étages pour retrouver des cassettes audio ou vidéo. Stevie Wonder qui joue aussi bien de sa voix, de son corps que du piano est devenu plus célèbre que la pile qui porte son nom.
La chanson d’opéra a également vu l’émergence d’Andrea Bocelli qui, bien qu’il soit non-voyant, a trouvé sa place parmi les plus grands ténor non seulement d’Italie mais du monde.
En France, c’est le chanteur Gilbert Montagné qui a prouvé qu’on peut réussir même si on est privé de la vue. Tous ces artistes ont prouvé qu’on peut surmonter n’importe quel handicap physique. L’essentiel est que le moral ne soit pas atteint. Certains ont montré que le sixième sens existe, d’autres, qu’avec la volonté on peut toujours réussir.
Bari Stambouli

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