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Que de points d’interrogation…

Les points d’interrogation foisonnent, un peu partout. Ces interrogations font l’actualité, et elles sont là pour tracasser nos neurones. En guise de friandise, pourquoi pas une autre question, celle qui définit «être» et «avoir» dans notre société ? Grossièrement, on peut avancer que les deux peuvent être étroitement liés, et la définition de l’être à travers l’avoir se résumera simplement autour de la possession d’un savoir, d’une éducation, d’une bonne réputation, etc. Mais, ça se complique quand il y a affrontement pour les rondeurs de la bourse, les comptes en banque et les privilèges de possédants, considérés comme abusifs, excessifs et outranciers, par rapport aux citoyens démunis. Le nœud du problème est là ! Il était plus ou moins masqué derrière les devantures du socialisme passéiste, et du progressisme avançant à reculons. Mais aujourd’hui que les clignotants rouges s’allument, l’être s’efface derrière l’avoir. Le fait de posséder de l’argent donne accès à tous les délires. Et cela n’est pas spécifique à notre pays, seulement. Toutes les sociétés, ou presque, connaissent ce nouveau mode de fonctionnement.
L’argent explique tous ces délires, et le pays des Lumières vient de subir la colère des pseudos démunis s’en prenant à tout ce qui brille, sur la célèbre avenue des Champs Elysées. Dégradations, incendies et pillages ont ciblé les commerces de luxe, rien que par le dépit de ne pouvoir se payer ce luxe. Des réponses politiques sont attendues, mais beaucoup doutent que des solutions soient apportées. C’est leurs oignons, occupons-nous plutôt des nôtres où, même le commerce des personnes est entré dans les mœurs, notamment politiques. Du coup, le formatage de l’être, de son état d’esprit, se retrouve objet d’un marketing diabolique, au sein d’une société où l’avoir prime sur le savoir-vivre, la culture, la compétence ou toute autre valeur ancrée dans la caboche. Brossé à la va-vite, ce constat ne prétend pas à la vérité scientifique ou sociétale. C’est juste un point d’interrogation de plus, pendant que la pêche aux explications s’emmêle les moulinets dans les «y a qu’à faire ceci ou cela».
Par contre, la Banque d’Algérie ne se pose pas de question, s’agissant du taux de réserves obligatoires des banques. Ce taux est relevé de 8 à 12 %, afin de prévenir toute poussée inflationniste. Autrement dit, il y a de l’argent chez nos concitoyens, aux banques de savoir accumuler ces liquidités… Et, outre la question de l’effacement de l’être derrière l’avoir, dernière question : est-ce une obsession que de posséder à tout prix ? Les individus qui tremblent d’impatience, qui ont des suées froides, des emportements infantiles, des comportements débiles aux guichets de banque, par rapport aux relevés de leur compte, n’oseront pas répondre à la question. Ils laissent les points d’interrogation exactement là où ils se trouvent, c’est à dire dans nos cerveaux étouffés, perdus entre des milliers de pensées contradictoires. Ces pensées s’égarent effectivement, quand l’argent mène le monde par le bout du nez. Hélas, la misère matérielle est le premier tourment de notre société. Elle oublie que le pire est ailleurs. Il est dans la misère spirituelle, c’est-à-dire l’impression du vide causée par la lassitude et l’ennui, qui menace les classes dites favorisées. Tourmentées par l’avoir, ces classes, qui n’ont de «classe» que le nom, vivent sans être libres, devant un point d’interrogation…
M. N.

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