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Que de principes…

Hier, c’était la journée de la terre, à travers le monde entier. Consacrée depuis avril 1970, elle essaye en principe, de sensibiliser sur les dangers qui pèsent sur l’environnement, et la demande grandissante de l’homme en nourriture, eau potable, bois, fibre et énergie. Résumé en un seul jour, ce problème risque de durer longtemps, puisqu’il est la conséquence désastreuse du comportement du même homme, peu soucieux du bien-être de l’humanité. Que le climat se dérègle, que la planète soit en mutations permanentes, que les pires catastrophes risquent de se produire, il n’en a cure, cet homme obnubilé par son seul confort local et matériel. La nature est le dernier de ses soucis. D’ailleurs, il est rarement en contact avec la nature, ses arbres, plantes ou animaux. Il est plutôt en contact avec la boue qui caractérise la scène politique, ces temps-ci. Enfin bref, la journée de la terre aura filé telle une comète hier, et c’est à une autre journée que nous sommes, en principe conviés, d’après l’Unesco.
Elle est censée régulariser tout ce qui a trait à la propriété intellectuelle, avec la confirmation de brevets, marques, dessins et modèles au nom de leurs réels concepteurs, cette journée du livre et du droit d’auteur. Et c’est l’Office national des droits d’auteurs et des droits voisins (Onda) qui s’y colle, en principe, afin de protéger les intérêts moraux et matériels de nos auteurs ou concepteurs. Mais, au pays des opportunistes, auteurs et concepteurs artistiques peuvent crever la dalle, la contrefaçon et le plagiat règnent en maîtres. Qu’un livre ou qu’un CD de musique sorte, et ce sont des copies qui s’écoulent au marché noir. La créativité intellectuelle et artistique aura beau exister, elle passe à la trappe. Ne bénéficiant ni aux auteurs, ni aux paroliers, ni aux éditeurs, elle profite à des loustics, n’ayant rien à voir avec la littérature ou l’artistique.
Cet état de fait décourage et écume les professionnels, qui triment en écrivant ou en composant. La plupart d’entre eux éprouvent, par les temps qui courent, les pires difficultés à joindre les deux bouts, et ils ne font que dénoncer un environnement tendu, où la culture et l’art sont relégués au second plan. Les livres, véhicules de connaissances, le plaisir de lire, d’écouter de belles œuvres, sont les parents pauvres d’une société, en principe exigeante par ses propres diversités culturelles. En fait, c’est Internet, avec ses progrès réalisés en communication audiovisuelle qui accapare l’essentiel de son temps, finalement consacré à la culture universelle.
C’est bien, même très bien, mais ça ne mange pas de pain localement. Du coup, nos intellectuels, auteurs et créateurs n’ont plus que les yeux pour pleurer cette journée mondiale du livre et du droit d’auteur. En principe, créée pour les faire évoluer, les pousser à avoir de nouvelles initiatives, elle ne fait que remuer les couteaux dans la plaie. Aides et soutiens financiers peuvent être accordés pratiquement à tous les porteurs de projets commerciaux ou industriels, l’acte culturel, lui, il peut se morfondre dans les dédales de l’oubli et des indifférences. Ne restent alors que des journées à emprunter modérément dans le couloir des principes, alors que dans le boulevard des business, ça roule à fond la caisse. Et pour cause : l’absurde, l’insensé, l’intolérable rapportent, pas l’écologie ou la production culturelle. Le dire ou l’écrire fait passer pour un hurluberlu de plus…
M. N.

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