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Quelle alternative ?

La nature a horreur du vide, dit l’adage. Vingt jours après le déclenchement, le 22 février dernier, de la fronde populaire contre le cinquième mandat, aucune initiative politique sérieuse et viable n’a encore vu le jour, aussi bien de la part de la rue que de l’opposition. Au moment où le pouvoir soumet sa «feuille de route» aux Algériens, à savoir le renoncement au 5e mandat par le président Bouteflika, l’organisation d’une conférence nationale inclusive, la mise en place d’un gouvernement de compétences nationales ainsi que d’une commission indépendante de surveillance de l’élection présidentielle, rien n’a filtré côté populaire.
N’est-il pas temps, après l’extraordinaire adhésion à la dynamique populaire, de structurer le mouvement, de sorte à le protéger de toute tentative de manipulation et/ou infiltration ? Va-t-on se complaire dans cette routine qui commence à inquiéter la population, qui voit la contestation s’inscrire dans la durée, et ce, sans la moindre initiative tendant à récolter le fruit de près de trois semaines de marches, sit-in et rassemblements de toutes les franges de la société.
Pour le moment, seuls des «anonymes» aiguillent les contestataires via les réseaux sociaux. Même l’appel à la grève générale, d’ailleurs suivie les yeux bandés par la plupart des commerçants, a été lancé via le même canal. N’était l’éveil des activistes du mouvement populaire appelant à la vigilance et au refus du mot d’ordre de grève, l’impact aurait été catastrophique pour la population. Jusqu’à quand les réseaux sociaux – véritable cheval de Troie – vont-ils servir d’espace exclusif pour «conditionner» les foules, en l’absence de vrais leaders, capables de diriger, canaliser, et surtout s’exprimer au nom du mouvement populaire ?
A. L.

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