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Quota de joueurs étrangers en Ligue 1: La FAF doit-elle revoir sa copie ?

En l’état actuel des choses, ils sont beaucoup à penser qu’il est quasiment impossible pour que nos clubs puissent rivaliser dans la durée avec les grosses écuries du continent.

La limitation à deux du nombre de joueurs étrangers autorisés dans chaque équipe en Algérie mérite un grand débat.
Avec ses 20 joueurs étrangers enregistrés durant la phase aller, la Ligue 1 Mobilis est sans doute l’un des championnats majeurs africains les plus fermés. En limitant le nombre de joueurs non algériens par club à deux, la FAF a toujours voulu faire en sorte de réguler la frénésie qui accompagne les marchés de transferts, et protéger surtout la formation locale. En 2015, Mohamed Raouraoua, alors aux commandes de l’instance fédérale, avait même interdit carrément le recrutement des joueurs étrangers, pour des raisons purement financières, suite aux nombreuses plaintes déposées par des joueurs de cette catégorie au niveau de la FIFA pour une histoire de salaires impayés. Certes, son successeur Zetchi, a levé ladite interdiction, dès son intronisation à la tête de la FAF. Mais si cette mesure a été applaudie par tous les clubs, certains, notamment les gros bras, tels l’USMA, l’ESS et le MCA, la jugent insuffisante, dans la perspective de rendre le championnat plus attractif, et donc plus performant. Il est vrai que les joueurs étrangers, à condition qu’ils soient bien sûr de très bon niveau, ont souvent apporté un dynamisme et une valeur ajoutée aux clubs dans n’importe quel championnat du monde. La tendance est d’ailleurs présente en force dans les principaux championnats africains, avec les résultats qu’on connait. En 2015, le TP Mazembe a remporté la Ligue des champions africains face à l’USM Alger, en comptant au sein de son équipe type neuf étrangers, soit une véritable sélection. Alors que le représentant algérien n’a pu aligner qu’un seul, en l’occurrence le malgache Andria. En l’état actuel des choses, ils sont beaucoup à penser qu’il est quasiment impossible pour que nos clubs puissent rivaliser dans la durée avec les grosses écuries du continent. Et ce n’est pas un hasard si un seul club algérien a réussi à gagner la Ligue des champions dans sa formule actuelle depuis sa création en 1997. «La fédération algérienne de football devrait au moins s’aligner sur le même quota de joueurs étrangers que celui autorisé dans les autres pays du continent, a savoir trois joueurs étrangers au lieu de deux, explique un agent de joueurs spécialisé dans la filière subsaharienne. Avoir trois étrangers dans ses rangs permet non seulement aux clubs de combler le déficit de joueurs qu’ils ne trouvent pas sur le marché local, mais d’avoir aussi un certain équilibre technique. Ce n’est pas pour rien que beaucoup arrivent à remporter la Ligue des champions en s’appuyant sur des joueurs étrangers de valeur». On pensait qu’avec l’adoption, en octobre dernier par l’Union Nord Africaine (UNAF), de l’accord de principe concernant la libre circulation des joueurs entre les différents pays de la zone nord-africaine, la FAF allait changer de fusil d’épaule. Il n’en fut rien. Zetchi en a même fait abstraction, alors que l’USMA, qui comptait déjà deux joueurs subsahariens, avait déjà engagé l’international libyen Maid Ellafi, que son DG Abdelhakim Serrar considère déjà comme un non-étranger. En vérité, le patron du football algérien continue de croire que la venue massive des joueurs étrangers crée un fardeau économique supplémentaire pour les clubs de Ligue 1, qui font face déjà à des dettes colossales envers leurs joueurs locaux. D’où l’interdiction de recrutement imposée à neuf d’entre eux durant ce mercato hivernal. Mais, limiter ou interdire le recrutement des joueurs est-elle la solution appropriée ,sachant que les clubs ont besoin de ces renforts pour élever non seulement leur niveau, mais aussi d’en tirer des dividendes importants en cas de transfert à l’étranger? Une sorte de paradoxe qui mérite une profonde réflexion de la part des acteurs du football algérien.

Mounir Ouassel

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