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Ramadhan à Tlemcen.. Princesse d’un jour

Mais au-delà de ce rituel très hospitalier et de bonté, il y a une tradition qui reste très enracinée dans la société tlemcénienne, ce sont les cérémonies entourant le jeûne des enfants, notamment les fillettes.

A Tlemcen, les traditions immuables durant le mois de Ramadhan sont jalousement conservées. La Nafka et la Selka, respectivement le 15e jour du jeûne et la clôture des prières du Tarawih coïncidant la nuit du destin ou 27e jour du mois de Ramadhan, sont célébrées d’une manière particulière par presque l’ensemble des familles. Le couscous aux raisins secs ou saffa, petit lait et dattes sont acheminés aux mosquées du quartier, et les fidèles, dès la fin de la prière, s’en donnent à cœur joie dans une ambiance de piété et de convivialité. Mais au-delà de ce rituel très hospitalier et de bonté, il y a une tradition qui reste très enracinée dans la société tlemcénienne, c’est les cérémonies entourant le jeûne des enfants, notamment les fillettes. Depuis des temps immémoriaux, l’initiation du jeûne aux petits enfants est fêtée dans la famille tlemcénienne comme un événement majeur et une fête familiale.
La préparation des enfants à leur première journée de jeûne demandait toute une série de mesures et de dispositions afin que la fillette ou le garçonnet puisse la sentir et la vivre comme une fête mémorielle dans sa vie, notamment chez les fillettes. On la réveille la nuit pour le traditionnel s’hour à base de plats sucrés, généralement des tajines aux raisins secs et aux amandes et on lui applique le henné aux mains. Le lendemain, la fillette va vivre des moments exceptionnels entourée de soigneux égards de la part de toute sa famille et des voisins. Après une fine toilette, on l’habille d’un kaftan, on la pare de bijoux telle une princesse ou une mariée et on l’emmène chez le photographe pour immortaliser l’événement.
Après la prière du Aasr, accompagnée de sa famille, on lui fait faire le tour des artères de la ville tout en la gâtant de cadeaux et de gourmandises. Les passants ne restent pas indifférents au passage de la princesse et exhibent leur générosité et leur bonté. Il y a ceux qui lui donnent de l’argent, d’autres des petits cadeaux symboliques et certains lui achètent des délices traditionnels comme la zlabia et la harissa que les Algérois appellent baklaoua ou chamia, selon les régions. A l’heure de la rupture du jeûne, un menu très copieux lui est préparé et la famille fête intimement avec les voisins ce premier jeûne de la fillette comme une véritable fête. Ce sont des moments inoubliables à Tlemcen qui donnent à ce mois de piété une dimension plus que spirituelle.
B. Soufi

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