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Ramadhan à Tlemcen.. Une tradition ancestrale

Tlemcen, à elle seule, renferme plus de 70% du patrimoine islamique et historique national, mais la cité dispose d’autres atouts et particularités. Son patrimoine immatériel, ses rites, ses traditions et ses us, transmis en génération en génération, sont jalousement préservés.

Évoquer Ramadhan à Tlemcen, c’est raviver à l’esprit toutes les traditions millénaires qui entourent et marquent ce mois sacré. Tlemcen, capitale des zianides, est une ville ancestrale aux trente-trois minarets et l’un des berceaux de la civilisation arabo-musulmane. Ses sites et monuments historiques s’imposent à l’esprit de tous les visiteurs car Tlemcen, à elle seule, renferme plus de 70% du patrimoine islamique et historique national, mais la cité dispose d’autres atouts et particularités. Son patrimoine immatériel, ses rites, ses traditions et ses us, transmis en génération en génération, sont jalousement préservés, notamment durant le mois sacré de Ramadhan durant lequel une réelle mutation sociétale est observée. A Tlemcen, depuis des temps immémoriaux, Ramadhan est vécu avec le même rituel traditionnel et la même effervescence. Son avènement est plus qu’un événement, et depuis le mois de chaâbane, les préparatifs sont aux petits soins dans l’ensemble des familles. Nonobstant la cherté de la vie, l’on s’efforce contre vents et marées à s’approvisionner en produits basiques et essentiels à l’art culinaire traditionnel local, particulièrement les épices, les semoules d’orge et de blé, le raisin sec et les pruneaux, indispensables pour le tajine sucré. La tradition veut que le premier s’hour soit un tajine sucré à base de viande d’agneau. Rien n’est laissé au hasard car le mois sacré est accueilli par les familles d’une manière exceptionnelle. Les maisons connaissent un grand toilettage et les mères de famille s’achètent d’autres ustensiles. «A chaque Ramadhan sa vaisselle», dit-on à la capitale des zianides sans lésiner sur les dépenses.
La veille, la tradition veut qu’on fasse du henné aux mains des enfants et même des adultes.
La solidarité et l’entraide sont aussi de mise. Dans chaque quartier, les nécessiteux reçoivent des aides substantielles et chaque soir, l’on partage avec eux le repas du ftour. Ici on n’entend point du couffin de Ramadhan par dignité et les voisins aident les familles nécessiteuses dans une totale discrétion. Le quotidien du jeûneur est par ailleurs réglé entre piété, travail et courses au marché. C’est généralement les après-midi qu’une certaine effervescence gagne la ville. Le marché est pris d’assaut malgré la flambée des prix de certains produits, notamment les fruits, légumes et les viandes rouges et blanches. Chacun s’approvisionne en fonction de ses moyens. Certains fruits, comme les pastèques, demeurent accessibles à toutes les bourses. A la fin de la journée, c’est les traditionnelles chamia et zlabia qui se font désirer. Ce sont de longues files qui sont observées devant les pâtisseries ou des locaux transformés en commerces de sucreries à l’occasion. Ce sont des produits très prisés par les tlémceniens durant le mois de Ramadhan. Dès la rupture du jeûne, la ville est désertée de ses habitants mis à part les policiers qui assurent la sécurité. Les citoyens leur apportent des repas par solidarité. Ce n’est qu’une heure après que l’animation revient. Les cafés et les salons de thé sont pris d’assaut pour déguster un bon expresso ou un bon thé à la menthe avant d’aller aux mosquées pour les prières surérogatoires (tarawih).
Dans les foyers, on se donne rendez-vous entre familles ou voisins pour des veillées improvisées en attendant le retour des chefs de famille des mosquées. C’est le moment d’un dîner copieux, car à Tlemcen, les repas de la rupture du jeûne sont légers. On ne s’alimente que d’une hrira, salades et fruits, en plus des dattes et du lait. Ce n’est qu’au retour des tarawih qu’on mange le plat de résistance, suivi tardivement par le s’hour à base de safa et de petit lait.
B. Soufi

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