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Ramadhan sans musique.. Certains ont sauvé la face

Ce Ramadhan est exceptionnel. L’hésitation de certains organismes chargés de l’organisation des concerts les a amenés à éviter l’organisation de soirées musicales à cause des manifestations qui se tiennent depuis le 22 février dernier. Heureusement que des gestionnaires sérieux sont venus sauver la face.

On entendait la rumeur quelques jours avant le début du Ramadhan et l’inforamtion selon laquelle il n’y aurait pas d’activités culturelles durant le mois sacré a failli se concrétiser si ce n’est l’intervention de personnes sages qui ont sauvé la face. En effet, contrairement aux années passées où on avait un programme chargé offrant un grand choix pour passer des soirées musicales, cette année a été exceptionnelle. Des gestionnaires tels que le directeur du théâtre national algérien, l’ONDA et l’AARC ont bien fait de ne pas tomber dans le piège du boycott qui n’aurait servi à rien si ce n’est à pousser les gens à passer un Ramadhan monotone. En effet, l’ONDA qui a organisé en partenariat avec le TNA une soirée en hommage à la grande chanteuse de Hawzi Nerdjess compte honorer d’autres chanteurs durant ce mois sacré au niveau de la même salle. Bien que les organisateurs de la soirée Hommage à Nardjess ont omis de diffuser l’information sur les chaînes de télévision ou adresser des communiqués à la presse, il n’ y avait que quelques places vides dans la salle Mahieddine Bachtarzi. Cela prouve que les algérois tiennent à assister aux soirées musicales et que le boycott de l’activité artistique n’est pas la meilleure façon pour s’exprimer en politique, bien au contraire.
Chaâbi au TNA
De son côté, l’Agence Algérienne pour le Rayonnement Culturel (AARC) a décidé de frapper fort en organisant trois soirées consécutives en hommage à trois grands maîtres de la chanson Chaâbi. Il s’agit de Amar Ezzahi, Amar Lachab et Cheikh H’cen Said. Ces soirées organisées également en partenariat avec le Théâtre National Algérien (TNA) Mahieddine Bachtarzi seront animées par une dizaines de chanteurs Chaâbi connus et moins connus. Chaque soirée débutera par la projection d’un film documentaire sur la vie et l’œuvre de l’artiste honoré. La seconde partie sera animée par des chanteurs qui auront l’occasion de s’affirmer sur la scène ou de se faire connaître par le public. Lors de la première soirée dédiée au défunt Amar Ezzahi se tiendra ce vendredi à 22h30 ; le public découvrira ou redécouvrira les voix de Noureddine Allane, Mokhtar Achouri, Yacine Lounissi -Youcef Nassim et Zoheir Mazari Amar. La soirée sera embellie par l’intervention du parolier Yacine Ouabed qui lira quelques Qaçaid (chants). Il prouvera ainsi qu’en matiere d’écriture de Melhoun, il y a bien une relève. Le lendemain, ce sera au tour de Amar Lachab d’être honoré. La soirée débutera égéalement par la projection d’un film documentaire à la mémoire du maître qui vit depuis plusieurs d»cennies en France et dont l’AARC pourrait créér la surprise en l’invitant à cette soirée qui lui est consacrée. Pour lui rendre hommage, les chanteurs Hakim El Ankis, Naceredine Galiz, Brahim Hadjadj, Nassim Baour et Tarek Difli se succéderont sur la scène du TNA pour interpréter des chansons du maître telles que Nesthel El Kya, ou du terroir. Le spectacle sera aussi suivi d’une lecture de poésie Malhoun par Bachir Tehami et Chahlal Khaled.
Et les soirées du CASIF ?
Pour la dernière soirée prévue dimanche prochain, il y aura un hommage au défunt Cheikh Hsen Said. Après la projection du documentaire retraçant son itinéraire, il y aura le passage de Abdelkader Chaou qui, faut-il le rappeler, avait débuté sa carrière en imitant Hsen Said. Pour cette soirée, exclusivement, il pourrait offrir un bon moment au public en reprenant un des succès de Hsen Siad en l’imitant comme il le faisait si bien dans les années 1960 avant qu’il ne fasse la rencontre avec le grand compositeur et parlier Mahboub Bati qui lui signera son premier succès Djah Rebbi ya Djirani. Aux côtés de Chaou, il y aura les chanteurs Faycel Boukhatache, H’ssinou Fadli et Rachid Guettafa qui se feront applaudir par le public.
De son côté, Sabah Andalousia prouvera encore une fois que la chanson Chaâbi peut bien être interprétée par les femmes comme ce fut le souhait du pionnier El Hadj M’hamed El Anka qu’on a vu nous-mêmes encourager une jeune fille à apprendre à chanter le Chaâbi. Il est prévu également une lecture poétique par Kamel Chercha. Pour ce qui est de la programmation, l’établissement Arts et culture de la wilaya d’Alger qui nous avait habitués à envoyer son programme en avance semble tomber dans le piège du boycott, puisqu’il n’y a pas eu les concerts habituels au niveau des quartiers. L’établissement s’est contenté de faibles programmes littéraires et d’expositions de peinture. L’ONCI qui était connu pour ses soirées du CASIF est également tombé dans le piège. L’Opéra d’Alger semble de son côté vouloir sauver la face en dernière minute. Au fait, on se demande s’il y a eu des directives venues d’en haut pour ce semblant de boycott inexpliqué.
Bari Stambouli

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