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Réactions de la classe politique à la lettre du chef de l’etat aux Algériens.. L’Alliance approuve, l’opposition dénonce

Les formations politiques de l’opposition ont dénoncé, hier, ce qui semble être un «contournement» de leurs propositions déjà soumises au pouvoir par le passé.

Après les manifestations nocturnes qui se sont déclenchées dimanche à travers une dizaine de wilayas, la lettre du candidat à sa succession, Abdelaziz Bouteflika, aux Algériens, n’a pas manqué de faire réagir la classe politique. Au moment où les partis de l’Alliance présidentielle ont applaudi le contenu du message et des engagements pris par le chef de l’Etat en exercice, les formations politiques de l’opposition ont dénoncé, hier, ce qui semble être un «contournement» de leurs propositions déjà soumises au pouvoir par le passé. C’est ce qu’a estimé le RCD, pour qui «la lettre lue par le directeur de campagne du chef de l’Etat, spoliant l’opposition de son projet pour mieux le pervertir, résonne comme une insulte de plus, une insulte de trop à l’intelligence collective du peuple algérien».
Le parti de Mohcine Belabbas a, dans un communiqué, douté qu’«un homme dont l’action politique se confond avec la longue liste des coups de force, des reniements et des intrigues qui ont mutilé la nation (puisse) se transformer en son contraire pour réaliser – maintenant que ses forces l’ont abandonné et que les caisses sont vides – ce qu’il a scrupuleusement et méthodiquement combattu sa vie durant». Presque dans le même ordre d’idées a réagi Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT). Lors d’une conférence de presse, la patronne du PT dit avoir «pris acte du contenu de cette déclaration». Mais elle ne s’adresse pas à Bouteflika. Hanoune s’adresse par contre «à ceux qui parlent et qui décident au nom du président de la République». Ceux-là mêmes qui, selon elle, «ont osé présenter hier (dimanche, Ndlr) le dossier de sa candidature au mépris de la volonté clairement exprimée du peuple depuis le 22 février à travers des manifestations massives en rejet du 5e mandat et pour le départ du système».

Les doutes de Hanoune et de Benflis
C’est ce que la première dame du PT qualifie de «provocation», avant d’appeler à laisser Bouteflika quitter le pouvoir dans la tranquillité. «Au nom de 1,5 million de martyrs, des victimes de la tragédie nationale, des victimes de 88 (…), je leur dis : ‘’ayez pitié de ce pays et du moudjahid Abdelaziz Bouteflika, proclamez son état d’incapacité à gouverner et à présenter sa candidature à la présidentielle», lâche-t-elle. Suggérant «l’annulation» de la présidentielle du 18 avril, Hanoune appelle les partisans de la continuité à «laisser le moudjahid Abdelaziz Bouteflika quitter le pouvoir paisiblement et maintenant» et surtout à «ne pas jouer avec le feu». De son côté, le président de Talaie El Hourriyet, Ali Benflis, n’y a pas été avec le dos de la cuillère pour douter de la paternité de Bouteflika de la lettre adressée à la nation.
«La lettre attribuée au bénéficiaire d’une candidature fictive à un mandat présidentiel fictif n’est manifestement pas la sienne», écrit l’ancien chef de gouvernement dans une déclaration. Benflis, qui s’est retiré de la course au palais d’El Mouradia, dimanche, estime que cette lettre «est, au fond comme dans la forme, un nouveau défi inacceptable et une provocation supplémentaire inqualifiable», regrettant que le peuple algérien (qui) attendait une réponse sans ambiguïté et sans louvoiement à ses demandes, n’a eu droit qu’à la répétition d’anciennes promesses non tenues depuis vingt ans «À travers les manifestations populaires, le peuple a aussi dit le peu de crédit qu’il accordait à l’emballage grossier de la conférence nationale prononcée comme une panacée aux nombreuses crises». Ce qui est, à ses yeux, «une tentative désespérée de sauvetage d’un régime politique en fin de parcours».

«Une réponse aux revendications du peuple», selon le FLN et le RND
Contrairement à l’opposition, les principaux partis du pouvoir ont, comme d’habitude, applaudi le message du président Abdelaziz Bouteflika. Pour le FLN, la lettre du Président constitue «une feuille de route claire en réponse aux réclamations du peuple, notamment aux jeunes». «Les engagements pris par le Président dans sa lettre au peuple algérien démontrent, par son contenu et ses dimensions, la lecture juste et saine des revendications légitimes exprimées par les citoyens par des manifestations organisées à travers le pays», écrit le parti dans un communiqué. Non sans s’attarder sur la conférence inclusive promise qui, de son point de vue, est «une sécurité pour l’avenir du pays». Cette conférence «sera basée sur un débat profond de société et constituera une occasion unique dans l’histoire politique du pays et un virage décisif», dit-il, car «elle vise à atteindre un consensus national concernant les réformes que notre pays doit suivre, dans le cadre d’une nouvelle Constitution qu’approuvera le peuple par voie référendaire, et concrétisera la naissance d’une deuxième République». Son allié, le RND, a également exprimé sa «satisfaction» du contenu de la lettre, «une confirmation de l’attention qu’accorde le moudjahid Abdelaziz Bouteflika, en toute fidélité, aux voix des citoyens». Pour le RND, Bouteflika «s’est approfondi» dans les réformes annoncées le 10 février. «Ces engagements reflètent des réponses claires aux revendications des citoyens réclamant le changement», défend le parti d’Ahmed Ouyahia qui «espère que cette lettre contribuera à calmer les esprits pour que notre pays puisse avancer dans la paix et la stabilité au rendez-vous électoral du 18 avril, étape qui trace la voie vers les réformes et le changement, tout en préservant la stabilité du pays et sa pérennité».
Amine Berkane

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