Home / Actualité / refondation du modèle économique algérien: Ali Haddad appelle à l’accélération des réformes

refondation du modèle économique algérien: Ali Haddad appelle à l’accélération des réformes

Le rôle de l’Etat dans une économie libérale a été au centre de la rencontre qui s’est déroulée hier au siège de la Centrale syndicale, surtout que le thème de la réunion a été la signature de la Charte du Partenariat sociétaire entre le gouvernement, le patronat et l’UGTA.

«Un Etat fort est celui qui se consacre pleinement à ses missions de régulation et de contrôle et à l’élaboration de stratégies et de politiques publiques. Or, l’on constate que son implication anachronique dans la gestion et le financement du secteur marchand public le distrait de cette vocation qui est naturellement la sienne», a déclaré le président du Forum des Chefs d’Entreprise (FCE), Ali Haddad, dans son allocution à l’occasion de la Tripartite.
Pour étayer ses propos, le patron des patrons s’est appuyé sur l’article 43 de la constitution nationale, qui définit précisément le rôle de l’Etat : «La liberté d’investissement et de commerce est reconnue. Elle s’exerce dans le cadre de la loi. L’Etat œuvre à améliorer le climat des affaires. Il encourage, sans discrimination, l’épanouissement des entreprises au service du développement économique national. L’Etat régule le marché. La loi protège les droits des consommateurs. La loi interdit le monopole et la concurrence déloyale».
S’adressant au Premier ministre, le président du FCE lui rappelle son engagement à ce que «l’Etat allait appliquer la loi dans le secteur économique mais dans la sérénité», et c’est précisément «ce que nous demandons, notamment pour ce qui est du principe de la préférence nationale et de la non discrimination entre les entreprises publiques et les entreprises privées».
Le diagnostic étant déjà posé, Ali Haddad est revenu à la charge en suggérant l’élaboration de la cartographie des entreprises algériennes. Une démarche qui, selon l’orateur, contribuera certainement à approfondir le diagnostic et à apporter les meilleures solutions.

Le temps presse !

L’efficacité et le facteur temps ont été au cœur de l’intervention du PDG du groupe ETRHB. «Je suis donc sincèrement heureux que nous soyons rassemblés aujourd’hui, mais je ne serais pleinement satisfait que si nous prenions, dans cet exercice de concertation, des engagements que nous serons en mesure de tenir de manière très pragmatique et concrète dans les semaines, voire dans les jours à venir». Il est, en effet, important que nous tenions compte du facteur temps, a-t-il ajouté.
Faisant le parallèle avec certains pays, le président du Forum a déploré le fait que «nous avançons, mais (…) à un rythme lent !»
Pendant ce temps, a-t-il souligné, le fossé se creuse avec les pays développés et même avec certains pays en développement. «Notre pays recule dans le classement Doing Business. La fracture numérique est telle qu’il nous faudra mettre les bouchées doubles pour rattraper le retard», a-t-il constaté, non sans rappeler les décisions «pertinentes» du président de la République qui avait affirmé à l’occasion de la célébration du 63e anniversaire du déclenchement de la révolution que «les voies et moyens requis pour gagner la bataille du développement économique résident aussi dans la conduite et l’accélération des réformes nécessaires pour moderniser et décentraliser la gestion des affaires publiques, moderniser l’environnement de son économie, y compris financier, et avancer dans la maîtrise des nouvelles technologies». Parlant d’avenir, il a insisté en disant que «plus que jamais nous devons prendre conscience collectivement que notre société est anesthésiée par la rente et que nous avons le plus grand besoin d’un consensus national pour en sortir».
Pour ce faire, il a parlé de deux réservoirs inestimables et inépuisables, «mais qui ne sont, hélas, pas suffisamment exploités, ni considérés à leur juste valeur. Il s’agit de notre jeunesse et notre diaspora». Se projetant dans l’avenir, il a reconnu qu’en ces temps d’incertitudes, «nous sommes investis d’une grande responsabilité qui est de laisser aux générations futures un pays socialement et politiquement stable et économiquement prospère». Selon lui, le principal enjeu de la charte est de veiller à ce qu’il y ait une distribution équitable des richesses. Quant au rôle des chefs d’entreprise dans la société, il consiste, d’après Haddad, à la consolidation de la stabilité et au soutien des efforts des autorités pour maintenir la paix «chèrement acquise».

Hafid M.

Check Also

Décès du général de Corps d’Armée Ahmed Gaïd Salah

ALGER – Le Général de Corps d’Armée Ahmed Gaïd Salah vice-ministre de la Défense nationale, …