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Réhabilitation des immeubles de la capitale: Colère à la cité CNEP de Haï El Badr

La CNEP s’est contentée de livrer des logements en piteux état, sans eau, ni électricité, ni gaz, ni route goudronnée, sans parler des imperfections que les habitants ont dû réparer à leurs propre frais.

Le programme lancé par la wilaya d’Alger en vue de réhabiliter les immeubles de la capitale, opération inscrite dans le cadre du plan stratégique de développement, est censé se généraliser à toutes les cités. Du moins c’est ce qui a été prévu et annoncé par les autorités. Il se trouve pourtant que la question ne concerne que ceux triés sur le volet, excluant du coup des cités situés à quelques encablures du centre d’Alger. Le cas nous vient de la cité 1010 logements de Haï El Badr, relevant de la circonscription de Husseïn Dey. Livrée il y a presque trente ans, cette cité est laissée, depuis, à l’abandon. Ses occupants n’ont même leurs actes de propriété, jusqu’à nos jours. Ces derniers sont exaspérés de voir que «la CNEP s’en lave les mains et ne semble même pas tenue d’assurer un minimum d’entretien, voire un droit de regard sur le site livré à lui-même». Ils en veulent pour preuve «la renonciation de cet organisme à ses devoirs, à savoir qu’aucune opération de réhabilitation, aussi minime soit-elle, n’a été entreprise. Pas un seul coup de pinceau, pas un seul clou planté. La CNEP s’est contentée de livrer des logements en piteux état, sans eau, ni électricité, ni gaz, ni route goudronnée, sans parler des imperfections que les habitants ont dû réparer à leurs frais».
La cité composée actuellement de 156 logements se trouve en effet dans un état des plus lamentables. Le constat fait sur place est désolant. Un environnement hostile fait de routes dégradées, bâtiments atteints précocement par la vétusté, des locaux commerciaux squattés et transformés en logements en toute impunité, un réseau d’assainissement débordé et ne remplissant plus sa fonction obligeant les habitants à se débrouiller comme ils le peuvent, des ascenseurs qui n’ont jamais été installés, sans parler de la clôture restée inachevée. Encore moins les actes de propriété qui constituent un vœu pieux pour les locataires, attendant depuis trente ans un geste de la CNEP. «Au moment où, indique un père de famille, toutes les cités avoisinantes, pourtant plus récentes et mieux entretenues, bénéficient d’opérations de réhabilitation et de traitement des façades, cette cité se voit exclue de ses droits. A l’APC on estime qu’il s’agit d’une propriété privée, donc non concernée par le programme de réhabilitation de la wilaya, au moment où dans d’autres communes de la wilaya toutes les cités quel que soit leur statut en ont bénéficié. A la CNEP où l’on a jamais entrepris quoi que ce soit au bénéfice de cette cité, on a trouvé la bonne parade, à savoir la loi sur la copropriété promulguée en mars 2014, histoire de se débarrasser d’un problème qui est bien le sien». Son voisin ajoute que par le passé, «rien n’a été entrepris par cette banque du logement. Ironie du sort, on parle de copropriété alors que les habitants ne sont pas effectivement propriétaires de leurs logements». On ne peut parler en effet de copropriété tant que les occupants n’ont pas reçu les actes authentiques. Un autre locataire résumera cet état de fait : «les responsables de la CNEP ne s’en soucient guère, visiblement contents de s’être débarrassés de tous les logements qu’ils avaient lancés dans les années 80, sans avoir à prendre en charge leur entretien, ni à veiller à ce que ces cités soient viables.» A l’image de cette cité et la colère exprimée par ses habitants, l’on se rend compte que le traitement du dossier réhabilitation au niveau des quartiers de la capitale risque de friser la discrimination. La cité CNEP qui ne compte pourtant que 156 logements restera une tâche noire dans le nouveau décor. Pendant ce temps, chacune des parties responsables renvoie la balle à l’autre, laissant les habitants dans le flou total, ne sachant à quel saint se vouer.

Ali Fares

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