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Relogement des familles de la Casbah: Entre déclarations et triste réalité

Patrimoine mondial depuis 1992, la Casbah d’Alger a toujours fait l’objet de controverses quant à la gestion de son dossier, bien qu’elle jouisse officiellement d’un statut particulier auprès des hautes instances.
Le transfert de son dossier étant depuis deux ans entre les mains de la wilaya d’Alger, peut-on espérer une meilleure prise en charge. Pour le moment il y a des chances si l’on se réfère au suivi rigoureux à travers la multiplication des sorties sur terrain du premier responsable de l’exécutif.
Ce dernier n’ a de cesse en fait de tarabuster les entreprises engagées dans la restauration notamment en matière de délais et de prestations. Mais on ne peut en dire autant au chapitre du relogement qui connaît pour sa part quelques zones d’ombres. Les résidents, encore une fois, ont manifesté récemment leur colère et jurent par tous les dieux de ne pas en démordre jusqu’à obtention de leur revendication principale qu’est le relogement. Des familles nous ont contactées en effet dans ce cadre pour exprimer leur grande déception face à ce qu’ils qualifient de «mépris affiché des autorités à leur égard». qu’en est-il au juste de volet qui traîne durant de longues années ? A la question posée au wali d’Alger, la réponse semble peu convaincante. Et pour cause. «A mon arrivée , dira-t-il, à la tête de la wilaya, les chiffres faisaient état du relogement de 12.000 familles», ce qui est considérable concédons-le. «Mais, ajoute le commis de l’Etat, depuis le transfert du dossier Casbah à la wilaya, notre souci est de mettre de l’ordre dans ce volet afin d’éviter l’Anarchie». D’anarchie, il a bien raison dans le sens où jusqu’à une époque récente les choses baignaient plutôt dans le flou. Par déclarations, on parle du relogement de milliers de familles, alors que la question n’est toujours pas réglée. Par ailleurs, le wali explique que ses services interviennent sporadiquement pour reloger les familles occupant des bâtisses fragilisées par les intempéries, mais pas dans le cadre des opérations de relogement menées depuis 2014. Le chiffre de 12.000 familles reconnu veut dire l’équivalent de 60.000 personnes, soit la population d’une commune d’envergure respectable. On peut même comprendre que la grande majorité des habitants de la Casbah a été relogée. Si c’était le cas pourquoi continue-t-on d’enregistrer un déficit important en la matière ? Deux hypothèses s’invitent. Ou bien il y a eu mensonges sur les chiffres motivées par le fait que des familles supposées être relogées ne l’ont pas été réellement ce qui s’apparente à un trafic , ou carrément le retour en catimini de certaines d’entre elles à leur ancienne adresse et pourquoi pas bénéficier d’un autre logement. Dans ce cas l’interrogation de savoir où étaient les autorités n’est pas de trop. Bien sûr, on a dans un passé récent montré du doigt les propriétaires des «douérates» accusés de ramener de nouvelles familles une fois que les précédentes aient quitté les lieux et ce non sans contrepartie de quelques dizaines de millions de centimes. Du coup, l’on est amené à émettre des doutes sur les statistiques avancées. La question qui plane encore est ainsi posée : dispose-t-on d’un recensement exact des familles relogées et de celles restant à reloger pour clore le dossier concerné ? Nous espérons une réponse des autorités compétentes.

Ali Fares

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