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Rencontre sur Frantz Fanon: En attendant une association

Des œuvres immenses et futuristes, une influence intergénérationnelle et intemporelle et une actualité impressionnante, Frantz Fanon restera une grande figure ayant marqué son temps et continue de susciter l’admiration d’un grand nombre de personnes, en Algérie et partout dans le monde.

Pour parler de Fanon l’Algérien, le Festival international du cinéma d’Alger (Fica) a accueilli, hier matin, à la salle El Mougar à Alger, l’écrivain et réalisateur Mahdi Lallaoui, le réalisateur et documentariste Abdenour Zahzah, la psychiatre, psychanalyste et écrivaine Alice Cherki, le professeur à l’université de New York et auteur de nombreux ouvrages sur le cinéma africain, Manthia Diwara, et bien évidemment, le fils de Frantz Fanon, Olivier. Ce dernier a profité de cette tribune pour mettre l’accent sur l’urgente nécessité de l’aider à fonder une association en hommage à Frantz Fanon.

L’association attend toujours son agrément

«Avec Alice Cherki, nous avons créé une association en 2013 à la Bibliothèque nationale d’El Hamma.  Le statut de cette association, dont tous les paramètres nécessaires imposés par la réglementation, ont été déposés au ministère de l’Intérieur pour obtenir l’agrément. Seulement, ce dernier n’a pas voulu enregistrer la demande car la loi de 2012 relative aux associations, ne le permettait pas pour un problème de délai de réception de la demande d’agrément.
Par la suite, on nous a fait comprendre qu’il y avait des négociations au Parlement sur les lois des associations… et jusqu’à ce jour, je n’ai eu aucune réponse, ni un oui, ni un non, ni une explication.
J’ai fait d’autres démarches qui n’ont pas abouti non plus, même concernant la création de la maison Frantz-Fanon à l’hôpital de Blida, on n’a eu aucune réponse.
Une association des Amis de Ben Bella a vu le jour à Maghnia à l’extrême ouest algérien. J’étais même prêt à délocaliser l’association à Maghnia, et même ici, je n’ai eu aucune réaction… Et à force de cette ‘politique de l’autruche’, des gens de l’autre côté de la Méditerranée se sont réapproprié Frantz Fanon.
A Paris, il y a une fondation Frantz Fanon. A Boston, aux Etats-Unis, une université porte le nom de Frantz Fanon… Il y a à Alger un boulevard et un hôpital qui portent le nom de mon père, mais ce n’est pas suffisant et ça ne rend pas justice à l’immense travail qu’il a accompli en Algérie…», s’est-il insurgé.

Des œuvres d’une grande valeur

De son côté, Alice Cherki, qui avait connu Frantz Fanon durant les trois ans qu’il avait passés à l’hôpital psychiatrique de Blida, est longuement revenue sur les œuvres de Fanon, sur sa vision de la culture et de l’identité, sur le silence et le traumatisme d’après-guerre, sur la manière d’enseigner Fanon aux universités mais aussi sur la vision qu’avait Fanon sur l’Islam.
«Il faut inciter les jeunes et moins jeunes à lire et relire l’œuvre intemporelle de Fanon…», a-t-elle souligné.
Par ailleurs, Manthia Diwara, professeur à l’université de New York, dira que «lorsqu’on parle de la condition des Noirs dans les universités américaines, c’est Frantz Fanon qu’on enseigne, et particulièrement, son ouvrage Peau noire, masques blancs.
Ce sont des textes incontournables qu’on enseigne aux côtés de ceux de Freud, de Jacques Derrida, de Michel Foucault… Fanon est d’autant plus important pour les luttes qui restent à faire aux Etats-Unis…», a-t-il fait savoir.
En outre, Abdenour Zahzah est revenu, pour sa part, sur ce qui l’avait poussé à faire un documentaire sur Fanon, en indiquant qu’il a déjà déposé un scénario au ministère de la Culture concernant une fiction sur Fanon. Seulement, son projet, qu’il voulait unique, patauge jusqu’à ce jour.

Sara Boualem

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