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Retrait ou maintien américain à l’accord de paix: L’Iran est le grand gagnant

Le président américain devait exprimer, hier, sa décision pour l’accord nucléaire avec l’Iran. Il n’est pas sûr que Téhéran soit le grand perdant en cas de retrait de Washington.

C’est une décision très importante que celle que le président américain se préparait à initier, hier, au sujet de l’accord nucléaire conclu avec l’Iran. Le président américain a, dés son investiture, dénoncé l’accord nucléaire conclu par six pays avec l’Iran, le qualifiant de catastrophique. Incité par le Premier ministre d’Israël, Netanyahu, il a exprimé la détermination à se retirer de l’accord, malgré l’insistance des pays de l’Europe et de la Russie à maintenir l’accord. La décision du président américain coïncide avec le 70e anniversaire de l’instauration de l’Etat d’Israël le 14 mai 1948. Une date choisie par le président américain qui a reconnu Al Qods occupée comme capitale d’Israël. Quinze mois après son arrivée au pouvoir, le président américain semble prêt à être en confrontation avec une grande partie de la communauté internationale en remettant en cause ce texte conclu en 2015 après 21 mois de négociations acharnées. D’un côté, la communauté internationale plaide pour le maintien de l’accord. Il y a seulement le Maroc, l’Arabie saoudite et Israël qui sont contre l’accord. Le Maroc a accusé, sans preuves, l’Iran et le Hezbollah de soutenir le Front Polisario. C’était à quelques jours de la décision du président américain concernant l’accord nucléaire avec l’Iran. Pour de nombreux observateurs, l’accusation de l’Iran par le Maroc est une tentative d’influer sur la décision du président américain pour se retirer de l’accord. L’Arabie saoudite dénonce l’accord nucléaire et réclame le retrait de Washington. Le Premier ministre d’Israël également milite pour le retrait américain de l’accord nucleaire. Ces pays sont opposés à la commnauté internationale qui est pour le maintien de l’accord. Le Maroc, l’Arabie saoudite et Netanyahu sont contre la paix dans la région. Le retrait américain de l’accord nucléaire ne bénéficie pourtant pas à Israël. Les pays signataires de l’accord, hormis Washington, plaident pour le maintien de l’accord et ne seront, donc, pas d’accord pour le prolongement des sanctions contre l’Iran. Chose qui ne bénéficie pas à Israël qui pourrait être le grand perdant dans le retrait américain de l’accord. L’Iran sera le grand gagnant, même dans le cas où le président américain se retire de l’accord, puisqu’il sera maintenu par la France, L’Allemagne, Londres, la Russie et la Chine. Moscou a dit également continuer à armer l’Iran avec le retrait américain de l’accord. Le grand perdant du retrait américain de l’accord, d’après de nombreux experts, est Israël.

John Kirby dénonce le président américain

L’ancien porte-parole du Pentagone et du département d’État américain, John Kirby a qualifié de «stupide» le retrait du Plan global d’action conjoint, aussi connu sous le nom d’accord nucléaire iranien. «Il faut se préparer à une éventuelle prolongation des sanctions anti-iraniennes et une éventuelle abrogation de l’accord nucléaire de la part de Téhéran», a-t-il déploré. Dans la foulée de la poursuite des spéculations sur les prises de position du gouvernement américain vis-à-vis de l’accord nucléaire iranien, John Kirby a adressé une note à CNN disant : «Une personne dans l’embarras se précipitera d’abroger l’accord nucléaire iranien». Le contre-amiral de la marine des États-Unis, John Kirby, est devenu le porte-parole du département de la Défense après son départ à la retraite en 2015. Il l’est resté jusqu’en 2017. Au début de sa note, John Kirby a évoqué une nouvelle selon laquelle les conseillers de Donald Trump auraient demandé de l’aide à la société Black Cube, (compagnie d’espionnage israélienne composée principalement d’anciens agents du Mossad). Et Kirby de poursuivre :
«À quel point êtes-vous désespérés pour utiliser une telle attaque afin de torpiller l’accord nucléaire iranien ? Il semble que vous soyez vraiment dans l’embarras». Plus loin dans la note adressée à CNN, l’ancien porte-parole du département d’État américain écrit : «Il va de soi que vous ne devrez pas prétendre que l’Iran n’a pas respecté l’accord nucléaire. Depuis les trois dernières années, l’Agence internationale de l’énergie atomique l’a mis à l’épreuve et Donald Trump l’a lui-même confirmé». Vous ne pouvez pas dire que nos généraux le détestent, a-t-il indiqué. Le secrétaire à la Défense James Mattis et le chef d’Etat-major interarmées, le général Joseph Dunford, ont tous deux confirmé publiquement que l’Iran avait respecté ses engagements dans le cadre de l’accord susdit. En fait, Mattis a récemment salué l’efficacité du système d’inspection de l’accord». Cet ancien responsable de l’administration d’Obama a poursuivi : Vous ne pouvez même pas dire que les généraux israéliens le détestent. Lors d’une interview accordée au journal israélien, Haaretz, le chef d’Etat-major israélien, le général Gadi Eizenkot, a déclaré : «Malgré tous ses défauts, l’accord fonctionne et il a retardé de 10 à 15 ans la nucléarisation de l’Iran». Il a toutefois estimé que ce n’était pas un accord parfait. «Même l’ancien secrétaire d’État John Kerry l’a admis à l’époque. Mais cela empêche incontestablement l’Iran d’accéder à la bombe», a-t-il commenté. « Le président Trump a annoncé lundi qu’il révélerait sa prise de position concernant l’accord nucléaire iranien mardi après-midi. Comme il ne semble pas que les Européens aient réussi à le faire changer d’avis, nous devrions nous préparer à la possibilité d’un rétablissement des sanctions nucléaires américaines contre l’Iran et à une éventuelle abrogation de l’accord précité par Téhéran», a-t-il dit, mettant en garde contre la décision du président américain de se retirer de l’accord avec l’Iran.

Mounir Abi

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