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Sahara occidental- EUCOCO 2018: La communauté internationale et l’Union européenne interpellées

Les travaux de la 43e Conférence pour le soutien et la solidarité avec le peuple sahraoui (Eucoco 2018), se sont poursuivis hier à Madrid, sous le slogan «Pour l’indépendance du Sahara Occidental. La responsabilité de l’Espagne et de l’Europe dans la solution». Le ministre sahraoui chargé de la Coordination avec l’Europe, Mohamed Sidati, a interpellé la communauté internationale en général, et l’Union européenne (UE) en particulier, quant au non-respect des arrêtés de la Cour de justice européenne (CJUE), relatifs à l’Accord commercial Maroc-UE, les appelant à «assumer leur pleine responsabilité». « Est-ce que les pays d’Europe peuvent laisser passer cette injustice, et faire avaliser des accords qui sont entachés d’illégalités ?!», s’est interrogé M. Sidati, en marge de la conférence. «Si l’UE n’arrive pas à faire respecter sa propre justice, de quelle crédibilité peut-on parler ?», s’est-il encore demandé. L’interpellation exprimée par M. Sidati s’inscrit dans le sillage des appels lancés aux Européens, pour respecter le droit du peuple sahraoui de jouir de ses ressources naturelles, et renoncer aux manœuvres auxquelles a eu recours la Commission européenne avec l’occupant marocain, pour se soustraire à la décision de la CJUE, qui annule tout accord commercial conclu avec le Maroc, pouvant inclure les eaux territoriales et les richesses provenant du Sahara occidental occupé. «Les accords entre l’UE et le Maroc avec la prétention d’essayer d’inclure le Sahara occidental dans le champ de ces accords, constitue une violation flagrante du droit international, mais aussi et surtout des décisions de la Cour de Justice de l’UE », s’est indigné le responsable sahraoui. Pour sa part, l’avocat du Front Polisario, le français, Gilles Devers, a affirmé à l’APS que, légalement, conformément au droit international, il n’existe aucun accord européen commercial avec le Maroc, qui s’applique au territoire du Sahara occidental occupé.
Il a dénoncé «un crime de colonisation commis par la France et l’Espagne, qui participent à contourner les accords et le transfert de la population de la puissance occupante vers le territoire occupé». Rappelant le traité de Rome sur le crime de colonisation ratifié par la France, M. Devers a expliqué que la France est en train de «violer ce traité», en versant des redevances au Maroc, pour avoir les autorisations d’exercices dans les territoires sahraouis occupés. Réaffirmant sa détermination de faire appliquer l’accord de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) de décembre 2016, qui fait la distinction entre les deux territoires, marocain et sahraoui, Maitre Devers a jugé «inacceptable» la position française, en matière de pillage des richesses naturelles du territoire sahraoui, dont le peuple lutte pour son indépendance. «Les arrêtés de la CJUE s’imposent ! Il n’est pas acceptable que les entreprises françaises adhèrent à cette position de pillage des ressources naturelles, de transfert de population et de financement de la colonisation», a-t-il soutenu. Il a noté que s’il n’y avait pas ces arrêtés de justice, l’Espagne et la France entérineraient cette situation, en choisissant le passage en force, à travers la récente demande de faire appliquer l’accord sur les territoires militairement occupés, et non pas sur les territoires libérés sahraouis.

Karim Aimeur

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