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«Sauveurs» new look…

Ainsi, nous aurions des «sauveurs» qui sortiraient le pays de la crise… Certaines anciennes figures politiques essayent de se refaire une jeunesse, et c’est sur les réseaux sociaux qu’ils font, directement ou indirectement, leur promotion sur un train qui marche sans réelle locomotive. Sur Facebook, des pages gérées par des anonymes (quel courage !) font l’amalgame entre appels contre les autorités, et appels à l’organisation de marches populaires. La volonté de s’imposer, de surpasser le mouvement «Hirak» s’affiche sans vergogne. Les «sauveurs», via leurs promoteurs, nient carrément l’esprit du mouvement du 22 février pour affirmer le leur, de crédo. Un crédo qui, tout simplement, refuse tout ! De la refondation de l’Etat au prototype socio-économique, en passant par le modèle de société, c’est simple: rejet de tout ce qui pourrait faire consensus, et l’anti-constitutionnalité règne.
Si «Facebook» était demeuré dans le simple divertissement, la situation ne serait pas aussi confuse qu’elle ne l’est aujourd’hui, au moment où Belaïz jette l’éponge. Normalement, les «B» qui restent pourront suivre le même chemin, sans trop de formalités pour la Constitution. En fait, ce rejet prend à revers le système de ce réseau dit social. Mais prêt à tout pour attirer les individus dans un monde virtuel, ce système est symptomatique d’une époque où la prétendue liberté s’assimile au caprice, et où tout ce qui est «vendeur» est acceptable, de la pire stupidité à l’idiotie la plus «démocratique». «Chacun a le droit de dire ce qu’il veut», parait-il. Mais apparemment, ce droit ne défend pas la démocratie en tant que système politique digne et responsable. Il est dans le crétinisme qui mêle un relâchement généralisé des consciences et l’anarchie la plus complète, transposée du plan politique au plan intellectuel et moral. C’est le populisme «new âge» qu’on nous sert, avec un jeunisme recyclant de vieilles figures politiques. Une entourloupe qui tue l’idée même de contestation.
Le rejet systématique autorise tout et n’importe quoi, du fait de la confusion qu’il y a entre «populaire» et «populiste». Savamment entretenue par ces «sauveurs», la confusion favorise aussi les délations en tous genres, les propagandes politiques, et en catimini la réémergence, la réapparition d’anciens chefs de gouvernement, d’ex-premiers-ministres, en somme d’anciens apparatchiks, loin d’être chics pour tout esprit critique. Comme boulets du dirigisme socialo-communiste d’antan, ils se posent là, ces «sauveurs» new look… Raison pour laquelle sur Facebook, la politique, c’est prise de risque maximum.
Car sous chaque pseudo-personnalité se cache éventuellement, un nostalgique du boumediénisme, un partisan du retour à l’autoritarisme, ou un membre du fan club de l’islamisme. En réalité, ce réseau est un lieu de grandes frustrations, pour ne pas dire de misère intellectuelle, où des morts de faim en popularité commentent leurs propres commentaires par des mentions «j’aime» ou «like». Devenu un miroir des ambivalences, ce réseau n’a pas son pareil pour profiter de la vulnérabilité de nos hommes politiques, adeptes du jeu double. Et comme ces vulnérabilités se ramassent à la pelle, les dérives prennent évidemment le même chemin, et n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Stimulé, facilité et entretenu, ce miroir des ambivalences n’a pas fini de nous étonner…
M. N.

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