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Secteur pharmaceutique: La formation fait défaut

Le mouvement de protestation des étudiants en pharmacie, qui a duré plus de deux mois l’année dernière, et qui a créé un désordre dans la formation pharmaceutique, était «plus que légitime», ont attesté hier des spécialistes.

«Il y a un manque criant dans la formation en pharmacie. La sixième année de pharmacie qui a été créée il y a trois ans pour former des pharmaciens spécialistes ne suffit pas», a affirmé hier le président de la Société algérienne de pharmacie (SAP), le Dr Farid Benhamdine. Selon lui, une année de plus est insuffisante pour faire une spécialité en pharmacie industrielle, en marketing pharmaceutique, en affaires réglementaires ou bien en pharmacie économique et autres. «Nous devons passer à la spécialité. Introduire seulement une spécialisé initiale dans l’industrie pharmaceutique par exemple, laissera des insuffisances profondes en la matière», explique M. Benhamdine. Invité hier à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaîne 3, le président de la SAP est également revenu sur le sujet de l’industrie pharmaceutique nationale. «La production pharmaceutique nationale a permis de diminuer de plus de 25% les importations des médicaments. Mais une symbiose entre la prévention, l’information et la recherche pourrait contribuer à mieux protéger la santé des Algériens», a-t-il dit, signalant aussi que «la majeure partie de la production locale de médicaments, soit environ 90%, est constituée de génériques».
Selon lui, même si l’Algérie a atteint l’étape de fournir plus de 50% des besoins en produit local, il est temps de faire un bilan de la situation actuelle, dont l’objectif est d’atteindre 70%. A ce moment-là, ajoute-t-il, «nous allons évaluer si l’Algérie doit dépasser l’étape de production des médicaments génériques vers la production des produits innovants et d’être dans la cour des grands et non dans l’antichambre». Il souligne sur ce même point la possibilité pour l’Algérie de se lancer dans la mise au point de traitements médicaux. Il considère que «pour aborder cette importante étape, il faudrait fondamentalement revoir la formation pharmaceutique, qui n’est plus celle des années cinquante, et se lancer dans la création de centres de recherche, nécessitant d’énormes moyens et mutualiser dans cette perspective toutes les capacités nationales pour les financer». Pour ce qui est de la consommation de médicaments en Algérie, l’invité de la rédaction estime qu’elle est induite par un large usage du tabac. Le Dr Benhamdine considère que celle-ci ne «pourrait être revue à la baisse que si toutes les institutions de l’Etat se décidaient à accorder un plus large intérêt à la prévention». Ce qui, selon lui, n’est pas le cas actuellement. Il déclare, sur ce plan, que «s’il existait plus de campagnes de prévention, nous aurions beaucoup moins de maladies à traiter, parmi lesquelles de nombreux cas de cancers».

Smail Mimouni

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