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Seul le résultat compte …

Le bel esprit chevaleresque, qui animait jadis les footeux a-t-il encore droit au chapitre ? Hélas non, si l’on décortique, un temps soit peu, l’immense hystérie qui a suivi la finale du Mondial. Seul le résultat aura compté et, in fine, une flopée d’agités du bocal s’enthousiasmant sans raison objective ni même la plus petite expertise sur le sujet… Si au moins le spectacle, depuis Moscou, en avait valu la chandelle, s’il avait offert du beau jeu, du suspense, de l’intensité, des beaux gestes. Et même le ciel, qui pleurait à verse, semblait en colère lors de la distribution des médailles et la remise du trophée…
Scotchés à nos télés, on aura assisté à la victoire qui aura choisi le camp des calculateurs, des prudents, des truqueurs drivés par un coach expert en la matière. Formé à l’école turinoise en tant que joueur, pour le Dédé, le sélectionneur, il suffit de marquer les premiers puis de faire durer, de singer, de casser le rythme, de jouer à la passe à dix pour finir par prôner le «seul, le résultat compte», sans aucun esprit de loyauté… Pourvu qu’il y ait l’ivresse !
Le foot, sport collectif apparu au milieu du 19e siècle en Angleterre, est ainsi devenu la porte d’entrée à tous les abus. Rien n’est pire pour la santé d’un peuple ! Bien sûr, tout cela se passe non seulement avec la complicité et l’exploitation des «zélites», Président en tête. Un calcul honteux, digne des antiques jeux du Cirque, qui a fini par enterrer l’esprit des lumières … Nous, on ne peut que déplorer, mais comment ne pas s’en étonner tant les enjeux financiers et politiques ont pris le dessus sur le beau geste, le bel esprit chevaleresque et les valeurs humaines. L’enfumage organisé, diffusé massivement par des télés à pub et jeux débiles, c’est l’art de noyer la critique. Et à force d’encenser des M’bappé, Pogba ou Matuidi, ils en oublieraient presque l’essentiel : les échecs de leur industrie, le chômage, les prix de l’énergie qui augmentent, les retraites qui baissent… Avec ses rassemblements festifs immenses, limite orgiaques, la kermesse montre à quel point les Français «moyens» aspirent à l’union, à la communion nationale. Mais, ce rêve a vite été rattrapé par la réalité, souvent hideuse. Des «zozos», comme ils disent, des bandes de pillards, de sauvageons ont profité de l’occasion pour faire régner la terreur. Des militants de tous bords, pleins d’aigreur et de haine, ont eux aussi répondu violemment. Tous ne rêvaient qu’à en découdre en cette soirée du dimanche, pourtant festive sur prolongations du 14 juillet. Résultat des courses : plus de 290 fêtards en surchauffe passeront la nuit au mitard, en garde à vue. Le lendemain, c’est-à-dire hier, le protocole élyséen en a remis une couche. Fallait à tout prix être dans l’esprit de l’engouement populaire suscité par la première étoile en Coupe du monde 1998. L’équipe de France battait le Brésil et, 20 ans après, l’occasion était belle pour revivre le doublé de la tête de Zidane, le but d’Emmanuel Petit etc. Sauf que les Zizou, Thuram, Lizarazu, Pirès ou Thierry Henry jouaient une autre partition, un autre jeu privilégiant essentiellement l’attaque, pas le cadenas défensif. Cette fois-ci, face «au peuple rassemblé», les minorités nocives étaient sorties du bois. Elles se sont révélées en pleine lumière du «seul, le résultat compte». L’immense baraka des penalties et coup-francs accordés généreusement, en phase de poule, en quarts ou en finale, aura compté pour du beurre. Bref, ils sont sur «le toit du monde» avec une garden-party à l’Elysée où les invités étaient forcément triés sur le volet.
Le football, lui, c’est juste l’opium du peuple avec ses rires, ses beuveries et ses chants délirants !

M. N.

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