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«Skikda de mon enfance» de Rabah Toubal Retour sur une ville vivante

«Skikda de mon enfance» (1955 – 1970) de Rabah Toubal édité chez ‘Les presses du Chelif’ est un livre qui replonge les enfants de cette ville dans leur enfance et fait découvrir aux autres les quartiers, rues, ruelles et personnages de Skikda.

A travers son ouvrage : «Skikda de mon enfance», Rabah Toubal replonge rapidement dans son enfance lorsqu’en décembre 1955, lui et sa famille arrivaient la nuit à la gare sous une pluie battante. «C’était quelques mois après les événements du 20 août 1955 menés par le Chahid Zighout Youcef», précise l’auteur du livre qui nous offre un témoignage qui diffère de ceux auxquels on s’est habitués par son honnêteté, sa franchise et sa simplicité. Le journaliste Ali Laib, l’auteur de la préface qui a rappelé qu’à Skikda qui comptait 50.000 habitants dans les années 1950, «tout le monde savait ce qui se passait ailleurs», a bien raison de dire que l’ouvrage de Rabah Toubal «est plus qu’un témoignage , c’est l’histoire de Skikda». La préface nous explique pourquoi dans cette ville comme dans tant d’autres, à l’époque, on écoutait «les informations (exploits de moudjahidine etc..) racontées chez le Tebbakh». Il était interdit de vendre un poste TSF ( radio ndlr) aux Arabes et la vente était réservée aux européens «sauf pour quelques autochtones tirés sur le volet».

Un cours d’histoire

A travers l’arrivée de la famille Toubal dans l’ancienne Rusikada et l’enfance, l’adolescence et la vie de l’auteur, on découvre les noms de rues, venelles, quartiers, cités et localités de cette ville et les noms de familles qui y habitaient ou habitent toujours. Pour situer par exemple le Douar Ouled Boufaha à Jijel, l’auteur nous donne un vrai cours de géographie. Rabah Toubal ne laisse rien passer. Il raconte les matchs de football, les rencontres dans les quartiers ou dans les cafés et les bagarres entre voisins tout en mettant tous les noms et prénoms et surnoms des protagonistes. Dès la première nuit passée à l’hôtel «Le palmier» situé entre la Medersa et la Zaouia, il constate que les européens occupaient les beaux immeubles. Il découvrira par la suite la Souiqa et l’ambiance qui y régnait avec les joueurs de Rey Rey (cartes). Quelques mois après, ses parents iront habiter dans un studio près de l’hôtel de Tunis où il décrira ce quartier dominé à l’époque par l’odeur de merguez et de Rôti. L’enfant grandira et ira comme tous les enfants algériens jouer au football à la Materra sur la côte ouest, une plaine qui s’étend jusqu’à El Hadaiq, une localité connue à ce jour pour sa verdure. Toubal n’omettra pas de parler de lieux tels que «Valée et Zefzef». Il se rappelle du médecin de famille (ça existait jusqu’aux années 1970 même pour les familles moyennes) Dr Lenouar, un Djidjelien de petite taille «Avant de raconter le Ramadhan des années 1960 et son ambiance, où l’auteur de l’ouvrage se souvient d’un attentat perpétré par l’OAS (organisation armée secrète) auquel il avait assisté en 1961, à la veille de l’indépendance de l’ Algérie». Il nous fait vivre la joie de l’indépendance le 5 juillet 1962 puis l’installation de «Houmet Ettalyene» en 1963. Avant d’être admis à l’école nationale d’administration à Alger, le futur diplomate nous raconte l’ambiance dans les stades de football des années 1960 et la JSMS tout en citant les grands footballeurs, notamment Bouaita, Draoui et Naim. On se souvient tous de ces deux derniers joueurs qui ont également fait les beaux jours du Mouloudia d’Alger et du Nahd Hussein Dey. Il nous rappellera l’exploit de l’arbitre Mohamed Lazreg qui fut le seul à avoir expulsé deux fois le grand joueur Hacene Lalmas.

Sport, culture et ambiance

Dans son témoignage, l’auteur du livre ne laisse passer aucun volet de la vie à Skikda entre 1955 et 1970. Il passe de la vie dans les familles aux rues et commerces en passant par le sport et la culture. Il cite les vendeurs de tickets et contrôleurs des salles de cinéma et le gérant du théâtre municipal. A travers «Skikda de mon enfance», Rabah Toubal n’a pas seulement écrit un témoignage, néanmoins il a fait revivre la belle ville qu’était Skikda. Un livre à lire absolument par les enfants de cette ville qui se retrouveront pour revivre leur enfance, mais aussi pour ceux qui veulent découvrir Skikda.

Bari Stambouli

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