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spéculation sur le lait en sachet: Les contrôleurs aux abonnés absents

La tension sur le lait en sachet subventionné est toujours d’actualité au niveau de plusieurs localités du pays, et ce, malgré les assurances de l’Office national interprofessionnel du lait (Onil) sur la disponibilité du produit et de la matière première.

Sur le terrain, des files interminables continuent à se former tôt le matin au niveau des commerces de proximité où carrément dans la rue où les sacs sont cédés à même le trottoir et à des prix équivalents ou dépassant les 30 dinars au lieu des 25 DA prévus dans le cadre des subventions aux produits alimentaires de première nécessité. Pour les responsables de l’Onil, la crise du lait en sachet est provoquée par certaines laiteries et autres distributeurs qui détournent ce produit subventionné au profit des transformateurs, cafetiers et crémiers.
Or, les distributeurs qui se plaignent du montant insuffisant qu’ils tirent de la distribution ont également dénoncé le fait que l’Onil, voire les unités publiques privilégient certains clients au détriment d’autres, chose qui crée une crise plus ou moins accrue sur une ville par rapport à une autre.
Aussi, en les accusant de détournement, des distributeurs appellent les pouvoirs publics et notamment le ministère du Commerce à actionner ses contrôleurs pour démasquer toutes les pratiques liées à la fraude. En réalité, la tension sur le lait est un phénomène chronique qui revient et qui repart sans avertir. En attendant de revoir la politique des subventions de fond en comble, comme souhaités par le gouvernement, le syndicat et le patronat pour aller vers des subventions ciblées, le sachet de lait à 25 dinars profite plus aux industriels qu’aux smicards. «Il n’existe aucun problème de disponibilité du lait», avait assuré Fethi Messar, directeur général de l’Onil, précisant que «nous nous sommes pourvus des quantités nécessaires pour couvrir les besoins durant toute l’année 2018 et nous nous projetons même sur l’année 2019».
Selon le président de la Fédération de l’agroalimentaire, Abdelwahab Ziani, il s’agit d’une distribution mal maitrisée. «L’Etat a diminué les quotas de poudre de lait des laiteries principales au profit des petites laiteries, mais c’est très mal desservi», a-t-il fait remarquer. «L’Etat n’a pas cessé d’importer la poudre de lait», a indiqué le président de la Fédération de l’agroalimentaire, qui a également mis en cause «le détournement du lait vers d’autres industries». Il a ainsi donné l’exemple de «la boule de glace (faite essentiellement à base de lait et de sucre) qui coûte 250 DA, alors qu’on est en train de nous battre sur le sachet de lait de 25 DA».
Selon les chiffres donnés par le Centre national de l’informatique et des statistiques (CNIS) des Douanes, la facture d’importation des produits laitiers, céréales, sucre et sucreries a connu une hausse de 12% en janvier 2018, atteignant 838 millions de dollars, contre 747 millions de dollars durant la même période de 2017. La même tendance haussière a été observée, en 2017, pour la poudre de lait dont les importations ont carrément doublé, passant de 600 millions de dollars à 1,3 milliard de dollars.

Hafid M.

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